12/05/2008

Independance Days

736402021.jpgLe neuvième salon de la petite édition et de la jeune illustration de Saint-Priest aura lieu en novembre, mais c'est en juin, les 4 et 5, qu'auront lieu dans cette même ville les "dixièmes rencontres nationales des salons et fêtes du livre jeunesse (sic)". Ce sera l'occasion de rencontrer une fédération d'organisateurs de salons, créée en 2000, qui regroupe dix-huit adhérents désireux de "promouvoir la littérature de Jeunesse (sic) en favorisant et en soutenant le travail des salons et des fêtes du livre, et en renforçant les liens entre les différents acteurs de la chaîne du livre". Au programme, notamment : la sssssécurité, les financements, les spécificités des animations pour la jeunesse et l'échange d'expériences. Slogan de la manif : "Travailler moins pour lire plus." Plus de renseignements en cliquant sur SAINT-PRIEST.pdf ou en contactant Gérard Picot au "bureau de la Fête du livre", 04 72 65 00 04. BF

11/05/2008

La peur au Vanves

1042061208.jpg

La ville de Vanves (92, 26 000 habitants) recrute, par voie statutaire ou contractuelle, deux employés pour le "secteur jeunesse" (sic) de la bibliothèque municipale.
D'une part, est recherché un assistant de conservation pour "participer à la politique d'animation evers le public jeunesse (sic) : accueil des classes, crèches, centres de loisirs" et pour contribuer "au traitement des documents" ainsi qu'à "la gestion du service public". Le profil : "titulaire d'un diplôme professionnel, vous possédez une bonne connaissance de la littérature jeunesse (sic) et une expérience de l'animation et de l'accueil des groupes (écoles, petite enfance). Compétences en informatique (logiciels Orphée, Word et Publisher) souhaitées. Expérience sur un poste similaire appréciée."
D'autre part, la ville de Vanves, cette gourmande, recrute itou un adjoint ou adjoint qualifié du patrimoine, toujours pour son "secteur jeunesse" (sic). Votre mission : participer "à l'accueil du public et aux séances d'animation envers le public jeunesse (sic) : accueil des classes, crèches, centres de loisirs" et effectuer "les tâches manuelles de maintenance des documents." Seront appréciées : "connaissance de la littérature jeunesse (sic), compétences en informatique (logiciel Orphée), expérience sur un poste similaire", ainsi que les "qualités requises pour ces deux postes : forte motivation pour le public jeunesse (sic), autonomie, rigueur, sens du service public et du travail en équipe". Les postes sont à pourvoir de suite, comme diraient nos amis toulousains.
Adresser une lettre de candidature manuscrite + un CV détaillé + une photo [il n'est pas précisé quel type de photo... petits coquins !] à M. le Maire, DRH, BP 33, 92172 Vanves Cedex. On peut se renseigner auprès de Danielle Julliard au 01 41 33 92 17 (annonce parue dans Livres Hebdo  n° 733, 9 mai 2008, p. 143).
BF
PS : l'illustration est tirée de la dernière exposition qui s'est tenue à la BM de Vanves. On en devinera sans doute le thème...

Les ados sont-ils médiatiques ?

518735213.gifFrançoise Hache-Bissette nous signale que le CLEMI, Centre d'enseignement et de liaison des médias d'information (http://www.clemi.org/), vient de publier sa "lettre" de mai. Chargé de l'enseignement relatif aux médias dans l'ensemble du système éducatif, cet organisme qui fait partie du ministère de l'Education nationale propose dans Infodoc un agenda pédagogique, des pistes pour réaliser soi-même une revue ex-presse sur les médias pour les djeunses, et une rubrique à vrac. Avant de la lire, si vous voulez glousser un bon coup tout en méditant sur les nouvelles stratégies pédagogico-musicales depuis les déclinaisons de Jacques Brel, poussez le son et foncez sur le site conseillé par le 270691653.jpgCLEMI pour réviser son bac philo : http://www.philosong.fr/ (le clip du tube est disponible sur le site). Pour le reste, rendez-vous sur CLEMI.pdf.
BF
PS : et pour les amateurs de dessins animés, notre informatrice privilégiée signale en sus la rediffusion d'un tube poly-exploité de M. Ferrier (pas lui, l'autre, hélas), à retrouver dès demain sur Tiji (http://www.linternaute.com/television/programme-tv/progra...), et à compléter pour les profs avec MOTORDU.pdf.

10/05/2008

Enquête sur les gorges profondes de l'édition pour la jeunesse

1053058088.jpgPeut-on juger littérairement un produit pré-vendu comme un blockbuster ? La question se pose pour ce post puisque, comme nous le rappellent la quatrième et l’avant-propos, Tunnels (Michel Lafon, 412 p., 15 €, disponible à 8,90 € en VO chez amazon.fr), dont il sera question ici, est « le nouveau Harry Potter », « découvert » par Barry Cuningham.
Dans la veine underground fort fashion ces temps-ci, entre Steven Spielberg et son archéologue à chapeau, d’une part, et Alan Snow et ses « Chroniques de Pont-aux-rats », d’autre part, le premier tome de la série signée Roderick Gordon et Brian Williams propose de suivre Will Burrows, passionné de fouilles comme son père. Amis de la psychanalyse qu'intrigue ce forage de gorge profonde, merci de cesser de ricaner car l’heure est grave. En effet, papa Burrows, ex-explorateur auquel on a volé sa plus glorieuse découverte, n’est reconverti en directeur de musée qu’en façade. Derrière l’apparence, il poursuit ses rêves d’antan : le coquin n’a point cessé de creuser secrètement. Aussi fore-t-il fort, jusqu’à faire une découverte mystérieuse… et disparaître.
Parti sur des bases rigolotes et plutôt enlevées, le roman nous a paru ralentir jusqu’à stagner, disons même : croupir, à la fin de la première partie. À dire vrai, peu convaincu par les pistes dessinées par les cinquante premières pages de la seconde, nous avons même abandonné la lecture et décidé de ne pas voir le bout des tunnels, dépités par l’impression triste d’avoir assisté au tarissement de l'imagination des auteurs, qui passe par un recours massif aux clichés et un travestissement de l’adjuvant Chester, lequel abandonne son statut de grand gaillard sympa pour endosser le rôle du pleurnichard mou du g'nou, ce qui permet à Will de crâner (milieu 85 sqq). La traduction d’Arnaud Regnauld fait ce qu’elle peut pour maintenir le récit à flot, n’hésitant pas à en rajouter pour susciter le sursaut (on « s’arrête net » ou « tout à coup », par ex. 9, 11, 35, 149). Mais les défauts d'écriture ont fini, là aussi, par nous inciter à reposer ce fort volume.
On retrouve dans ce roman les tics d’écriture habituels : « un peu », « déjà », « commencer à », « air », « eh bien » / « bien » et « bien sûr » / « évidemment », « écoute », « tout », « juste », « vraiment » et ses dérivés, « n’avoir plus le choix », du « faire » en abondance comme dans « je ferais mieux de faire quelques recherches », 29, « tu as raison » voir par ex. 114, 118, 137, 146, « marquer une pause », cf. par ex. 20, 26, 73, 157, 164, etc. Les didascalies cucul ou vaines qu’on redoute sont présentes (par ex. : « Le père et le fils échangèrent un sourire complice », 10, gnagnagna ; « il ne put malgré tout s’empêcher d’en parler », 22, 72, etc.). Surtout, le traducteur laisse filer de nombreuses formules typiquement anglophones, sans doute pour rappeler qu’il s’agit d’une traduction (Dr pour docteur, « gosses » pour kids, « les gars du département » pour guys, etc. ; « - Excellent travail, Will, je dois dire. Tous ces mois (…) n’auront pas été perdus, n’est-ce pas ? », 16 ; « c’est comme si on remontait le temps d’un cran, tu ne trouves pas ? », 52 ; les francisations d’anyway, qui donnent par ex. : « Quoi qu’il en soit », 17, 47, 79 / « de toute manière », 112, « en tout cas », 134 / « toi ou quelqu’un de ta famille, d’ailleurs », 97 ; « Qu’est-ce que tu veux dire ? », 39, 46, 52, 54, 122, 125, 137 ; « tu sais, juste au cas où », 59 ; « une de ces bandes de criminels » qui témoigne d’un usage anglophone du démonstratif, 71 ; « hausser les épaules », tic local, par ex. 73, 79, 89, 93, 118, 162 etc. ; « non que quelqu’un s’en soit plaint », trad. littérale, 93 comme pour le très anglophone it doesn’t make sense qui donne de manière récurrente « ça n’a aucun sens », par ex. 107, le forget it qui donne « oublie ça », 134, le or something qui devient « ou un truc du genre », 150, pourquoi se fatiguer, le everything’s gonna be all right qui se mue en larmoyants « tout ira bien », 189, les swallow qui déglutissent (183,187...), sans oublier les I imagine (103, 112, 117, 149). Signalons aussi que quelques formules auraient gagné à être précisées (« Terry remarqua le départ d’un escalier », 17 ; « un autre eut le nez salement cassé », 35 ; Will « enfila un casque » p. 36, le confondant sans doute avec un pantalon ; « tout le monde dîna en silence », 47, mal dit ; « Pour une fois, Will ne lui opposa aucun refus », 76, à rapprocher de « se dispensa pour une fois de toute objection », 154 ; « Will s’efforçait de faire mine de feuilleter », 109 ; « rien ne sert d’attendre, il faut partir à point », 115 ; « le silence se fit de plus en plus pesant », 123 ; « les bâtiments semblaient avoir été sculptés dans la paroi, comme une architecture fossile à peine mise à jour », 164 ; « la hargne de leur agresseur leur fit aussitôt abandonner tout projet de résistance », 171), et maints signes positionnant ce texte pour un jeune public, par ex. :
- des questions faisant le point sur le suspense autorisé (fins de chapitre p. 49 et 91, par ex.), expliquant les mots compliqués (« livide, ça veut dire blanc comme un linge ? », 103) ;
- et surtout force syntagmes surannés comme : « Point de sorties en famille non plus, contrairement à ce que l’on aurait pu attendre », 46 ; « Où diable est-il donc passé ? », 66, 76, à ne pas confondre avec l’expression courante des ados : « Mon Dieu ! », 114, 153 ; « ne sachant trop que faire », 65, 68, 98, etc. ; « pas la peine de subir son courroux », 77 + 138 ; « jouer les saintes-nitouches », 77 ; « - Bon sang[,dit Will], voilà qui ne pouvait pas tomber plus mal », 79, 100, 145, 168 ; « ne réagis jamais aux piques idiotes », 81 ; « sales gosses », 108 ; « ce n’est qu’un fichu rat », 153 ; « - Allez, du nerf ! », 157 et 178 ; « On les traîna sans autre forme de procès », 171 ; « il les mit de côté en se pourléchant », 176, etc. Notons en passant les faux jeunismes : « M’en parle pas », 137, « c’est trop dégueu », 152, « arrête de stresser, tu veux », 160, qui tombent à plat, chplaf.
Au passage, on regrette quelques contradictions (par ex. : le Dr Burrows, censé « cesser ses questions », les reprend aussitôt, 71) et quelques maladresses évitables (par ex. : « en l’espace de quelques minutes » : en quelques minutes aurait suffi, 74). Plus grave, la traduction de l’oralité est très peu convaincante. Si l’on fait l'effort d'oublier les nombreux dialogues trop lents (121, par ex., jusqu'à 124), il reste que les verbes introducteurs (« dit-il », par ex.) sont souvent mal placés, répétés plusieurs fois dans une même tirade, voire non précédés par une « , » après les points de suspension ce qui est typographiquement incorrect. De plus, il arrive que les guillemets du discours intérieur soient troqués de façon fautive avec les tirets du discours à haute voix (162), et que la didascalie se glisse dans le dialogue (163). En sus, les astuces de ponctuation sont grossières (« - Bon sang, qu’est-ce que ?... s’exclama Will », 168), et les déformations linguistiques maladroites : « Z’ont fait des travaux », 54 : personne ne parle comme ça depuis… en fait, personne n’a jamais parlé comme ça. Par opposition, Clarke Junior, qui est censé « zézayer », p. 131, ne zézaye pas du tout. Embêtant. Au point que le traducteur ou le préparateur finit par écrire des dialogues incohérents (« - À quoi correspondent tous ces noms ? / - Peut-être, répondit Will, songeur », 76) ou illogiques pour des textes oraux (« - Ils ont repris l’avantage. / - Comment ça, ils ? », 128).
Dans ce contexte, doit-on s'étonner des fautes d’édition ? On signalera à tout le moins ces récits mis à la suite de dialogue (« - Tu as raison, confirma Will, tout en examinant l’un des billets. Il ne se lassait pas d’admirer le savoir de son père », gnagnagna sans retour chariot après « billets », 14 – confirmé lourdement p. 44 par « à n’en pas douter, le Dr Burrows était un modèle pour son fils », merci, on était au courant ; cf. aussi l. 3 p. 15, bas de p. 44, l. 2 p. 77, haut p. 107 ; à opposer au monologue coupé en deux p. 55). Des fautes de frappe freinent la lecture : cf. « C’est juste, que », 52 ; mauvaise coupe bas p. 93 ; « - Je vais juste aire un petit tour », 95 ; « sarcartisque », 117 (bien écrit p. 171, en revanche) ; « un marchands de fruits et légumes », 169 ; manque un point après « risqua timidement Will », bas p. 175, etc.
Enfin, la présence de très nombreux topoï non remotivés, c'est-à-dire d'expressions toutes faites que l'auteur n'a pas secouées et remaniées pour leur imprimer sa marque, permet de confirmer la banalité de l'écriture. Des exemples ? Bon, bon, puisque vous insistez… Voici un dictionnaire partiel des clichés aperçus dans les cent quatre-vingt-dix premières pages de Tunnels.
Adieu : il faut le verbaliser, d'autant qu'on peut dire adieu à tout le monde et à n’importe quoi, même à des sandwichs, why not? Ex. : « Will sut qu’il pouvait dire adieu à son déjeuner », p. 176.
Ami : faux ou véritable, il faut (ou véritable) préciser. « C’était un véritable ami », 100, par ex., confirmé p. 111.
Autre : permet de décrire ce qui n’est pas, donc de gagner des lignes. Ex. : « Il n’avait pas remarqué que cet obstacle n’était autre qu’une grille coulissante » aurait pu donner simplement : « Il tomba sur une grille coulissante », 159. Mais non.
Blanc : toujours « comme un linge », 103, mais ne désigne jamais un linge.
Brouette : s’emploie encore, à condition qu’elle soit pesante (préférer l’inversion de l’adjectif : « la lourde brouette », 116).
Bruit : sonore, sinon sourd. Ex. : « Elle se détacha du mur avec un bruit sonore », 113.
Comme : fait joli, même si ne sert à rien. « Will contempla longuement la carte, comme une énigme à résoudre », 119, sera préféré à : « Will contempla longuement la carte. Il lui restait à résoudre cette énigme / percer son secret », par ex. De même, « comme pour se rassurer », 158, est plus séduisant que ne l'eût été « pour se rassurer ». C’est important, l’esthétique.
Enthousiasme : débordant, toujours débordant (149).
Épaules : se haussent, même quand elles sont fragiles (« - Va savoir pourquoi ! dit Rebecca en haussant ses frêles épaules », 93, toujours préférer l'inversion de l'adjectif).
Journal : remplace Internet pour donner des infos quand le récit patine. Ex. : « - Journal, lut Will. C’est l’écriture de mon père, y a pas de doute, dit-il en ouvrant le livre. Gagné ! On dirait un journal de bord », 101, quelle clairvoyance !
Mots : attention, certains sont très dangereux. Ex. : « Les mots semblaient aussi tranchants que des lames de rasoir jaillies des ténèbres », 182. Précisons que ces mots dangereux sont : « Comment t’appelles-tu ? »
Mouche : les méchancetés le font. Ex. : « Ses insultes ont fait mouche », 110.
Ouïe : ne supporte pas le dilettantisme, exige une concentration exclusive. Ex. : « Chester était désormais tout ouïe », 100.
Pétrin : n’a rien à voir avec la boulange. Se respecte : « Ils étaient dans un sacré pétrin », 94 ou, mieux : « - Je crois que nous sommes dans un sacré pétrin, Chester, dit-il sans cesser d’observer l’homme sinistre au sourire diabolique », 172. Promis, c’est une citation authentique.
Peu : s’emploie avec « un » de préférence, mais fait chic avec quelque (« elle grinça quelque peu », 154).
Peur : pour la susciter, ne pas hésiter à en faire des caisses, voire des wagonnets. Ex. : les amis « ressentirent une soudaine montée d’adrénaline (…). Ils étaient à deux doigts de prendre leurs jambes à leur cou (…) en retenant leur souffle. Leurs cœurs battaient à tout rompre », 157.
Peut-être : accompagne toujours pouvoir. Ex. : « on pourrait peut-être », 52 ; « peut-être pourriez-vous », 122, etc.
Plaisir : mauvais de préférence. Ex. : « Il avait le visage déformé par un plaisir mauvais », 110.
Préméditation : distinguer la préméditation préméditée et la préméditation non préméditée. Quand la préméditation n’est pas préméditée, le stipuler : ainsi, lorsque « les deux hommes foncèrent » pour l’intercepter, « sans réelle préméditation, Chester leur fonça dessus », 129. Ici, l’absence de « réelle » aurait laissé croire que Chester est décidément débile, puisqu'il fonce sur les gens sans réfléchir. La réalité est dans la nuance : il prémédite, mais pas réellement. C'est une préméditation irréelle. Je vous laisser réfléchir là-dessus.
Pulsation : indique souvent une phrase qui ne veut rien dire. Ex. : « Il percevait une pulsation diffuse dont il ne parvenait pas à localiser l’origine », 181.
Quelque : plus chic que « un ».Cf. par ex. peur et secret
Recommandable : toujours peu. Ex. : « Une bande de garçons tout aussi peu recommandables », 108.
Regard : s’échange quand il est qualifié de complice (10), d'incrédule (167) ou de confus (175) ; se lance quand il est désapprobateur (176) ; sinon, sert à fusiller mais sans grande efficacité. « Fusillé du regard » par son professeur p. 111, Will est derechef « fusillé du regard » par sa mère p. 146. Et, gâchons le suspense, il se ressurvivra. Fortiche.
Remonter : se pratique comme la dégustation d'un verre de vodka : d’un coup. Surtout l’amertume (192).
Rire : un rire est de préférence caractérisé. Il s’accommode volontiers de pléonasmes (« il s’esclaffait alors d’un rire diabolique », 126).
Ruminer : dans un monde urbanisé, continue de s'employer pour les pensées (« ruminant ce qui s’était passé au cours du mois écoulé », 118).
Sang : le bon ne saurait mentir : « Qu’est-ce que ça fiche là, bon sang ? », 100, bon, justement.
Secret : toujours incroyable (préférer l’inversion de l’adjectif : « Il allait peut-être découvrir quelque incroyable secret », 73).
Semblable : mieux qu’identique. Ex. : « Cette porte est très exactement semblable à celle qu’on a trouvée là-haut », 162. Très exactement semblable, mais pas identique. Nuance.
Songe : on en émerge. Ex. : « - Comme tu voudras, répondit-elle enfin, comme si elle émergeait d’un songe », 88.
Sourcil : se fronce banalement par paire (« - Quand ça ? demanda Rebecca en fronçant les sourcils », 89, 105, 112). Plus chic, se fronce parfois à l’unité (« - Quel genre de choses ? demanda l’agent en fronçant le sourcil », 97).
Sourire : s’esquisse et soulage. Will « fut soulagé de voir un sourire s’esquisser sur ses lèvres », 143.
Surgir : on surgit toujours de nulle part, mais ce n’est jamais sûr (« Elle semblait surgie de nulle part », 117-118).
Trop : permet au lecteur stupide de faire le malin (« il ne lui connaissait que trop bien cet air-là », 166) et au traducteur de faire djeunse des années 1990 (« - Trop génial ! s’exclama-t-il », 167), même en 2008.
Valser : activité chorégraphique préférée des lunettes : Chester fait ainsi « valser les lunettes noires », 129. Nota bene : des lunettes valsent mais ne zoukent pas plus qu'elles ne twistent. Quand même, woh. Faut rester dignes !
Vivacité : toujours « surprenante » (préférer l’inversion de l’adjectif : « D’une surprenante vivacité », 53).
Vilain : désigne un physique de méchant (préférer l’inversion de l’adjectif : « Bloggsy, vilaine créature à la chevelure rousse », 125).
Yeux : se roulent à la pelle (192).
Bref, entre clichés sémantiques, répétitions (par ex. : « je me fiche pas mal de ce que ça dit », 177 / « je me fiche pas mal de savoir ce que c’est », 178), ratés linguistiques (pourquoi un subjonctif imparfait p. 161 après exclusivement des subjonctifs présents ?) et astuces narratives éculées (le jeune héros ignorait qu’il avait été adopté, etc.), ce produit ne nous a pas convaincu. Mais peut-on juger littérairement un produit pré-vendu comme un blockbuster ? Le débat reste ouvert. Pour ma part, j'ai donné ma réponse, et c'est : ben on va s'gêner, dis, une fois !
BF

09/05/2008

Mangas Attack!

1235391374.jpgFrançoise Hache-Bissette nous signale la cyberparution d'un numéro de Savoirs CDI sur le manga (photo : magasin spécialisé au Japon). Au programme : des entretiens avec un libraire et une collégienne, des suggestions de lecture, un article d'Anne Lehmans sur le manga comme symbole de la mondialisation, et deux initiatives pédagogiques entre SEGPA et collège général dans le cadre d'un club animé par un professeur-documentaliste. Sur un sujet sensible (une BD, est-ce un vrai livre ? le manga, est-ce une vraie BD ? faut-il en avoir au CDI et autoriser leur emprunt ? le tout avec, en filigrane, la question de la censure anti-sexe, miam...), une série de contributions volontairement disparates qui ne manqueront pas d'intéresser les professionnels du secteur et les curieux par le topic alléché. Plus de rens. sur http://savoirscdi.cndp.fr/archives/dossier_mois/Manga/Man....
BF

08/05/2008

Escarpit sort un best of

1501879784.jpg"Faire sa fière Olga n'aime pas / S'effacer si", lance avec le choeur qui l'accompagne http://www.myspace.com/morelgerard, dans une chanson albumisée au Rouergue. Comme Olga, on aurait aimé s'effacer sans facétie et saluer avec joie la parution d'un livre sur l'édition pour la jeunesse qui ne s'adresse pas exclusivement aux étudiants en IUFM préparant leur oral, ce qui est devenu rare. Mais il nous faut hélas commencer de façon réservée : La Littérature de jeunesse (sic). Itinéraires d'hier à aujourd'hui, dont nous avions signalé la sortie chez Magnard en février, est un mensonge à au moins deux titres.
D'une part, il n'est pas de Denise Escarpit, contrairement à ce que laissent entendre la couverture et le communiqué de presse, à consulter en cliquant sur ESCARPIT.pdf : il s'agit d'un mélange de critique souvent stimulante et de reproductions variées (nombreux extraits de textes, reproductions, témoignages d'illustrateurs...). Partant, Denise Escarpit n'en est pas le seul auteur.
D'autre part, ce livre n'est pas de Denise Escarpit, contrairement à ce que laissent entendre la couverture et le communiqué de presse : d'autres y ont collaboré, en l'occurrence Pierre Bruno, Christiane Connan-Pintado, Florence Gaïotti, Philippe Geneste, Janie Godfrey et Régis Lefort, enseignants en IUT, IUFM et secondaire, dont l'absence sur la couverture s'explique sans doute par le fait qu'ils sont moins bankables que la directrice de publication. Il n'empêche, on est surpris que, à tout le moins, la précision "(dir.)" n'apparaisse pas.
Pour le reste, cet ouvrage sur beau papier, vendu au prix extravagant de 35 euros, met une nouvelle fois en valeur la grande connaissance et le style précis de Denise Escarpit, qui montre comment l'édition pour la jeunesse s'appuie depuis ravissante lurette sur deux éléments de valorisation : la construction a posteriori de racines historiques cherchant à plonger le plus profondément possible dans l'Histoire, et les didactismes de toute sorte, sur lesquelles les pp. 209 sqq proposent un point actualisé fort intéressant. Ces qualités sont d'autant plus appréciables que l'ensemble de cet ouvrage d'anthologie, au sens propre, témoigne du souci d'être complet (album, conte, documentaire, théâtre, poésie, roman ont tous leur article).
Bien entendu, au petit jeu des indices, certains ne trompent pas : Christian Poslaniec, figure tutélaire de la validation pédagogique de la production pour la jeunesse, est cité deux fois dans l'index, alors que Marie-Aude Murail, l'auteur francophone pour jeunes lecteurs le plus important des vingt dernières années, ou Robert Cormier, exceptionnel romancier anglophone, n'est point digne de mention ! De même, on peut regretter que la part dévolue aux "itinéraires d'aujourd'hui" soit très faible, comparée à la dimension historique. Or, la question se pose - et une réflexion développée sur le sujet par un historien de la littérature, dans la veine des réflexions d'Eric Méchoulan aux PUF, aurait peut-être ouvert une voie critique intéressante : dans quelle mesure cette vision du passé de la littérature pour la jeunesse ne témoigne-t-elle pas d'une relecture téléologique du présent - certains textes d'antan ne prenant leur résonnance que grâce au déferlement commercial de Harry Potter ? Parmi les autres sujets d'étonnement, citons celui-ci, qui interroge plus globalement l'équilibre de l'ouvrage : pourquoi avoir donné l'occasion aux illustrateurs de "parler de leur métier" - et pas aux autres auteurs, de romans ou de documentaires, voire d'albums dont ils ne seraient pas les illustrateurs ?
En définitive, les contestations sur le fond que suscite forcément un ouvrage aussi conséquent n'enlèvent pas l'intérêt puissant de cette publication structurée en quatre temps dont l'articulation aurait pu être plus nette (naissance de la production spécifique, création de l'enfant lecteur, la littérature européenne d'antan et "les nouveaux didactismes", "le monde contemporain"). Reste que l'on le consultera de préférence en bibliothèque pour sanctionner l'abus des éditeurs soucieux de surtaxer les livres de critique en espérant, suppute-t-on, le vendre à des collectivités plus qu'à des lecteurs : car enfin, quel individu intéressé par le sujet n'aurait préféré un livre moins tape-à-l'oeil mais proposé à un prix moins asphyxiant ?
BF

07/05/2008

Lire en fait

1395750524.gifFrançoise Hache-Bissette, intervenante de notre master 2 professionnel préféré et précieuse source à laquelle s'abreuve volontiers ce blog, nous signale qu'il est temps de se préparer à Lire en fête. Pensez ! L'événement a lieu cette année du 10 au 12 octobre, c'est-à-dire dans à peine cinq mois et des brouettes. Or, le thème de l'année sera "le livre de jeunesse (sic) et la lecture des jeunes". Les premières pistes de coordination sont à retrouver dans la CIRCULAIRE LIRE.pdf. On attend d'ici au 15 mai la liste des ouvrages cooptés par les éditeurs du "groupe jeunesse" (sic) du Syndicat national de l'édition. La production officielle sera donc à découvrir sur http://www.lire-en-fete.culture.fr/, où l'on peut déjà trouver les noms des personnes à qui demander des subventions ; et, comme dit le proverbe administratif bien connu, en matière de subsides, financements et autres rémunérations trébuchantes, mieux vaut (s'y prendre) tôt que jamais.
BF

06/05/2008

Buller : la meilleure façon d'apprendre ?

1714562216.jpgJadis, quand elle était petite chanteuse et commençait de fredonner ses Fabulettes, Anne Sylvestre expliquait qu'elle "préparait son futur public". La sociologie de ses concerts et "Les rescapés des fabulettes", que l'on peut écouter sur http://www.myspace.com/annesylvestre, prouvent que sa blague était juste. La plus importante romancière francophone de notre ère suivrait-elle ses traces et se préparerait-elle, dès le CP, des lecteurs pour plus tard ?
On sait que des opérations marketing ont été tentées pour investir le jeune public et le préparer à ses devoirs de consommateurs de production pour la jeunesse. Ainsi, Petit Vampire de Joann Sfar, à l'apogée de sa gloire, vers 2004-2005, illustrait la méthode de lecture Que d'histoires ! (Magnard). Marie-Aude Murail va plus loin, ce qui ne nous étonne guère d'elle. Bien qu'elle ne soit plus un petit auteur depuis force lustres, elle suit une approche non éloignée d'Anne Sylvestre en mettant les mains dans le cambouis de l'apprentissage de la lecture. Sa réflexion sur le sujet a suivi trois temps.
D'abord, elle rédigea brillamment ses souvenirs d'auteur pour la jeunesse intervenant dans les écoles. La version originale parut chez Calmann-Lévy avant de connaître des à-côtés rigolos chez La Martinière Jeunesse (conseils de lecture pour djeunses, par ex.) et un remix au Sorbier où elle expliquait comment, d'auteur pour la vieillesse, elle avait muté jusqu'à devenir romancière pour la jeunesse... et le rester.
Ensuite, la romancière rédigea un roman sur l'école primaire, intitulé Vive la République ! et paru chez Pocket Jeunesse. Elle y explorait la vie en CP du point de vue de l'instit fictionnel qu'était l'amusante Cécile, héroïne d'une comédie enlevée - peut-être pas l'ouvrage le plus original de l'auteur mais assurément une impressionnante démonstration de savoir-raconter avec drôlerie.
Enfin, ces jours-ci, motivant ce post, elle propose une nouvelle oeuvre en collaboration : Bulle (Bordas) aborde la question de la lecture sous la forme d'une méthode fondée sur le genre épistolaire et la lecture à voix haute.
Quand une telle personnalité décide de s'attaquer à l'illettrisme en suggérant ses solutions pratiques, en collaboration avec une instit, une conseillère pédagogique et Frédéric Joos, l'illustrateur de sa série L'Espionne, cela donne forcément un événement à découvrir sur http://bulle.editions-bordas.fr/, avec son auto-commentaire à lire sur INTERVIEW MAM.doc. Les instituteurs étant sans doute plus compétents que moi pour jauger le résultat de ce travail, ils sont libres, comme les autres cyberlecteurs, de "lâcher leurs comm'" quand ils auront examiné la bête !
BF

05/05/2008

Father Castor from Limousin

373605876.jpg"Je pars en Limousine dans l'Limousin / Si j'avais une berline, j'irais à Berlin / J'emmène une fille en jeans / Au chaud dans mon engin / Si j'avais une Alpine, j'irais dans l'massif central", chante http://www.myspace.com/vincentbaguian, avant de préciser : "Lorsque mon coeur spleene, j'fais le plein." On peut aussi, faute de limousine, prendre un métro pour se mettre en quête de la Maison du Limousin (30, rue Caumartin à Paris).
En effet, s'y tient jusqu'au 21 juin une exposition sur le Père Castor, à l'occasion de la création de la médiathèque du Père Castor à Forgeneuve de Meuzac (photo). Cet éloge de l'entreprise par elle-même rend hommage aux fondateurs de la collection : Paul Faucher, Lida Durdikova, Frantisek Bakulé ; elle fait le point sur les sous-collections qui ont marqué cette "aventure" telles que "Le roman des bêtes" et "Les enfants de la Terre" qui invitait "au respect des différences", gnagnagna. Certains des premiers albums sont réédités pour célébrer l'événement. Rens. : http://www.maisondulimousin.com et http://master2.hautetfort.com/archive/2008/01/14/les-cast....
BF

04/05/2008

Le conte au pays de Sa Majesté Quéquette

37366178.jpgLe conte peut-il désigner indifféremment un texte et un récit oralisé ? Plutôt que de se perdre dans des considérations théoriques où chacun camperait sur ses positions, Anne Prince a préféré présenter et soutenir avec succès un mémoire de master 2 professionnel de littérature pour la jeunesse intitulé Le Conte en Guyane française, d'une tradition orale multiculturelle à une culture écrite : un enjeu pour une coopération école-bibliothèque. Restriction du sujet à une aire précise et cohérente, articulation du propos en trois temps et problématique professionnalisée devraient inciter à la curiosité sur un sujet qui n'en finit pas de susciter l'appétit des chercheurs : nos lecteurs devraient donc être nombreux à consulter MEMOIRE ANNE PRINCE.pdf longtemps, longtemps après que leurs brins de muguet (ou leurs rameaux d'olivier) seront fanés. Le travail soutenu en septembre 2007 a été spécialement corrigé par son auteur pour cette mise en ligne. Nous vous en souhaitons une vivifiante découverte.
BF
PS : en photo, deux vedettes de la chanson made in Guyane, dont, à droite, Sa Majesté Quéquette en personne.

03/05/2008

Le point sur l'édition pour la jeunesse en France au 2 mai 2008

468483714.jpgPrésentation des meilleures ventes pour la jeunesse (grands formats et poche) et de quelques nouveautés classées par éditeurs ; parallélismes avec les tendances de l'édition pour adultes ; prévisions cinématographico-éditoriales ; parcours de quelques éléments sociologiques relatifs à la jeunesse, notamment des nouvelles formes de familles ; petit passage du côté de la jurisprudence du droit de divulgation (si, si), du n'importe quoi, de l'horlogerie et des blagounettes : voilà de quoi occuper cette simili revue ex-presse, dite SREP 4 V2.doc, dont je souhaite pétillante lecture aux curieux.
BF
PS en forme de making of : pour la photo, cette fois, j'ai hésité entre Roselyne Bachelot (à propos du Mosquito-Beethoven que nos habitués retrouveront avec plaisir) et Marion Cotillard (puisqu'il est longuement question de cinéma). Mon directeur marketing m'a conseillé Roselyne, qui correspond davantage à mon image d'universitaire sérieux, classe, cultivé et distingué (en drôlement modeste de surcroît). Alors, Marion, désolé, il a fallu faire un choix... Tu as perdu, mais tu as été super, comme d'habitude. Tu es un exemple pour nous tous. Vraiment. Et maintenant, habille-toi, tu risques de prendre froid.
PPS : mon directeur marketing étant parti à Deauville pour ce premier week-end de mai, je me suis permis de changer la photo. Faut pas se laisser commander par le marché, mârde !

02/05/2008

Des sous comme s'il en pleuvait

696510091.jpgUne librairie de région parisienne recherche ce qu'elle appelle un "libraire jeunesse (h/f)" avec formation universitaire. Envoyer une candidature dans une enveloppe vierge, timbrée, placée à l'intérieur d'une grande enveloppe adressée à Livres Hebdo, 35, rue Grégoire-de-Tours, 75006 Paris, sur laquelle vous aurez noté lisiblement la référence : 19.
Si une place de secrétaire débutant dans une maison d'édition parisienne a votre préférence, si vous êtes autonome, si vous possédez une bonne capacité d'adaptation et une non moins pimpante orthographe, et si enfin vous êtes volontaire pour gérer des rendez-vous, classer, faire de l'accueil téléphonique, suivez le même procédé mais inscrivez 17 au lieu de 19.
Bon courage, plus que 41 années avant la retraite !
BF

Les livres utiles

676773309.jpgLa littérature vise-t-elle à "apprivoiser le mal-être" ? Non, bien sûr, à part pour Stéphanie Janicot (100 romans de première urgence pour presque tout soigner, Albin Michel, 2008), la littérature ne sert à rien. C'est de l'art, n'est-il pas ? Ce poncif, servi et resservi sans cesse pour les adultes, est souvent remplacé, dès lors que l'on vise la jeunesse, par un autre : la production pour la jeunesse, elle, doit être utile, façon Étienne Roda-Gil / Julien Clerc. Elle doit apprendre quelque chose, sensibiliser aux consensus du mollement correct, socialiser les jeunes et leur apporter un faux espoir, une promesse de mieux-être, une perspective de récompense s'ils sont sages comme il faut, ainsi qu'une prédiction noire s'ils ne sont pas gentils tout plein.
Or, cette perspective utilitariste, manifestée par le fait que les psy et les médecins ont plus la parole sur notre corpus préféré que les critiques, vaut d'être examinée dès lors qu'elle n'est pas pensée comme l'unique mode d'accès à la réflexion sur l'édition pour la jeunesse. C'est en tout cas l'option choisie par Élisabeth Brami, psy pour ados, bibliothécaire et auteur d'une centaine de livres "pour les enfants et jeunes collégiens, qui touchent également parents et grands-parents" (et les profs, ce qui n'est pas contradictoire), et d'un r59536091.jpgoman pour adultes. Le but de Mme Brami est de "soigner les petites et grandes blessures de l'âme avec les mots", snif. Toutefois, on ne s'arrêtera pas à la présentation gnangnan de l'auteur des Moi j'adore, maman déteste, que l'on nous dit "toujours préoccupée par l'authenticité des relations humaines" et dont "l'écriture utilise la musique de la langue", gnagnagna ; pour peu que l'on soit proche de la Sarthe, l'on se rendra à sa conférence du 27 mai à 18 h sur "La littérature pour apprivoiser le mal-être" au Grand foyer de l'IUFM, boulevard Saint-Michel au Mans, pourquoi pas après avoir lu Je vous écris comme je vous aime (Calmann-Lévy, 2006). Rens. : http://appli-etna.ac-nantes.fr:8080/ia72/litterature/actu....
BF

01/05/2008

Un post qui va supermarché

711038501.jpgAujourd'hui, fêtons la paresse : je ne travaillerai pas. D'autres l'ont très bien fait à ma place, et avec un goût exquis qui frise la perfection - citons pour l'ex. http://w.mat.cc/articles/2008/03/27/gling/. Rien à ajouter.
Allez, zou, à demain, si vous le voulez bien !
BF

30/04/2008

Un post qui fait sang blanc

1260515123.jpgVarions les critiques et proposons un peu de sang neuf sans sang blanc. Pour cela, Sophie Van der Linden, du temps qu'elle était la papesse de l'album avant de se convertir en sus à une nouvelle religion - la politique locale -, fonda la revue Hors-cadre à laquelle participa, en son temps, une active étudiante (et réciproquement) du master 2 professionnel de référence sur notre corpus, au moins pour toutes la Sarthe, le Maine et la région mancelle. Au sommaire du numéro 2 (BLANC.pdf), dirigé et écrit pour partie par la multifonctionnelle SVDL, l'on retrouve aussi Jean-Baptiste Coursaud, stimulant traducteur et intervieweur distingué de vedettes de la production française pour la jeunesse, et Christine Plu qui, comme SVDL, ne manque certainement pas de qualités. La preuve : SVDL et CP interviennent dans le M2 PRO LIJE de l'UVPL, dont le responsable n'est autre que BF. C'est dire si ça soukousse. Pardon, si ça skss.
BF
Rens. év. sur le numéro 1 auprès du site fort complexe du coéditeur : http://www.poissonsoluble.com/main.html.

29/04/2008

Un post hérotique

1663803419.jpgLes 17 et 18 mai, les septièmes rencontres du livre d'Histoire de Courbevoie proposeront des "histoires de héros". Des mythiques Ulysse et Arthur aux consensuels Molière et Gandhi, ils viendront, ils seront tous là, avec une forte option pour la jeunesse coordonnée par la librairie spécialisée "Le Bac à fables" avec des animations et venues d'auteurs spécialisés pour les écoles (Yves Pinguilly et Mano Gentil) ou pour les parents, ce qui n'est pas contradictoire (Gilles Bonotaux et Hélène Lasserre pour la collection "Quand papa / maman / mamie avait mon âge" chez Autrement Jeunesse). Rens. : http://www.ville-courbevoie.fr/loisirs/culture/detail-cul... et http://www.kewego.fr/video/iLyROoaftPGS.html pour un reportage sur l'édition précédente.
BF

28/04/2008

Il est plus tard que tu ne penses

405215364.jpgD'un côté, Louisa. Elle vit à Saint-Nazaire, aime les ponts de Nantes qui portent les couleurs japonaises et travaille comme "hôtesse de caisse" dans un supermarché où elle dit la bonne aventure à la sauvette malgré la surveillance de Jean-Pierre, le méchant gérant. Son but : remplir une boîte secrète afin de se payer un billet d'avion, direction Kyôto.
De l'autre, Eimi. Elle vit à Kyôto. Elle va au lycée, pose en bikini pour Jirô, un photographe-gardien de lycée qui la transformera en poupée à qui de mâles amateurs de lycéennes donneront la becquée. Elle doit bientôt rencontrer Louisa.
L'une aime Vincent, pratique pour nourrir Bestiole en cas d'absence prolongée ; l'autre adore Akira (la preuve : elle fait des Photomaton avec lui et se trouve moche dessus, c'est sans doute un signe).
L'une a été abandonnée par madame Violetta, sa diseuse de bonne aventure de mère, dans une consigne de gare. Fumiko l'a sauvée. L'autre est née de Fumiko et de Jean, un amant français qui n'a pas voulu garder de trace de son enfant quand Fumiko est rentrée, enceinte, au Japon (désolé, chère spécialiste des orphelines de tout type, il va falloir continuer le travail...).
Les deux filles ont dix-sept ans quand commence à brûler le feu de la narration. Elles s'écrivent, puisque Louisa, placée en foyer entre-temps, a gardé un lien avec Fumiko, sa sauveuse. Ces soeurs de hasard ont décidé de ne pas s'envoyer de photo. Elles se verront en vrai. Dans quelques jours. Quand Louisa aura rempli sa boîte de billets pour se payer un aller-retour à Kyôto. Mais un jour, à 8 h 29 et 61 secondes, va se jouer un drame devant un lycée japonais, dont l'acteur principal n'est peut-être ni la malchance, ni la négligence...
Le dernier roman de Lisa Bresner (8 h 29, Actes Sud Junior, 150 p., 8,5 €) a une qualité rare dans la production pour la jeunesse : il est compliqué. Pas parce que l'histoire est tarabiscotée, quoique. Pas parce que les phrases sont torturées, carrément pas. Simplement, pour ainsi dire, parce que l'auteur ose jouer de la plasticité de l'écriture. En d'autres termes, ici, la langue écrite n'est pas donnée. Elle se construit en relation avec le récit qu'elle porte. Ce n'est ni mieux, moralement, qu'un texte copiant-collant des expressions toutes faites (hocher la tête, réaliser, déglutir, hausser les épaules, etc.) ni moins bien parce que s'adressant au cerveau des lecteurs : c'est différent et original, dans la production éditoriale pour la jeunesse.
Dans 8 h 29, les langues se dérobent : français, français à la place du japonais (les interlocuteurs sont censés parler en japonais mais on lit du français), français dans le japonais (les interlocuteurs japonais glissent du français dans leur langage), transcription du japonais (passages en japonais transcrits en alphabet latin), traduction simultanée du japonais (un personnage traduit à l'héroïne ce que disent les Japonais), insert de japonais en français (des expressions japonaises se faufilent dans des dialogues écrits en français), anglais non traduit (avec une chauffeuse de taxi, par ex.)... Les focalisations se mélangent : à celles des deux filles s'ajoutent des récits de Fumiko, de Takeshi Kitano le riche aux dix mille fleurs, de Jirô... Les techniques narratives invoquées se multiplient (cinéma, épistole, intertextes, narration...) et les stratégies romanesques se délitent (chapitres aux formes floues, non numérotées, parsemés de lignes de blanc dont la fonction varie)... Les niveaux de réalité se confondent : quand Louisa part au Japon, il nous est rapporté la vie d'Eimi, mais l'auteur stipule que Louisa rêve - est-ce à dire que ce que nous lisons ressort de l'onirique en dépit des effets de réel (explications, mises en situation, multiplication des détails spécifiques, etc.), ou bien le rêve et le récit sont-ils parallèles (pendant que Louisa rêve, Eimi vit sa vie) ? Enfin, les objectifs du récit évoluent : il s'agit de rencontrer une correspondante, de retrouver sa sauveuse, d'apprendre la vérité, de se venger, de fuir la mort qui vous tire dessus, de se faire coiffer comme une lycéenne japonaise, de comprendre les contradictions entre Japon et France, de se suicider, etc.
Certes, le texte pâtit de quelques défauts (tel l'abus des "déjà", "juste", "un peu", ou la récurrence de "ne pouvoir s'empêcher de" : 15, 69, 90, par ex., alors que l'usage sporadiquement excessif de comparaisons peut, lui, être éventuellement analysé comme un signe de la difficulté à dire le réel sans le recours à l'analogie), notamment dans les choix éditoriaux (pas de virgule après les "..." qui précèdent un verbe introductif ; interlignage et interlettrage commodément arrangeants, bien qu'on reste loin du ridicule de A-Apocalypse ; note de bas de page explicative p. 118 mal venue puisque tout le reste du roman joue sur le rapport entre explicite et flou volontaire). Quelques facilités d'écriture ("une rapidité toute féline", 38 ; "mes yeux trop grands, trop expressifs", 98) ne masquent pourtant pas les trouvailles de l'auteur. Citons quelques exemples de jolies formules : "Louisa est entrée dans la vie de Vincent comme un papillon, elle en sortira comme un oiseau de proie, 41 ; "sa jupe courte fait rougir les rochers de la montagne", miam, 61 ; "il est beau comme un poireau", le plus beau compliment lu depuis longtemps, 62 ; "j'ai pris soin de ne rien écraser, pas même une fourmi", précaution qui s'explique à la lecture du texte, 76 ; excellent personnage du tenancier de bar à sushi qui explique : "Je parle beaucoup, et quand il n'y a pas de clients, je parle aux poissons" mais pas n'importe lesquels, voir la très belle scène p. 90 sqq, etc.
En conclusion, même si la promotion paratextuelle insiste sur le storytelling plus que sur la qualité de ce livre (l'auteur a appris le japonais à douze ans, son livre parle beaucoup du suicide et elle s'est suicidée, "partant au ciel" le 28 juillet 2007) - ce que l'on comprend tant ne pourraient être louées ici la facilité de lecture et la conformité aux modèles d'entertainment ou de narration scolaire, censées être les critères de qualité du livre pour jeunes lecteurs -, les amateurs de littérature pour la jeunesse auraient tort de se priver de la découverte d'un texte exigeant qui place, ce qui est rare et précieux (ceci n'est pas un pléonasme), l'écriture au coeur du projet narratif pour la jeunesse. Bref, youpi !
En savoir plus : http://lisabresner.free.fr/, http://www.actes-sud-junior.fr/actualite.php#8h29.
BF

27/04/2008

Un roman pas hérotique

908091593.jpgQui a dit que la poly-exploitation était réservée aux textes mainstream façon entertainment à l’américaine ? Voici que les auteurs français s’y mettent et se proposent d’écrire leur enfance « comme un film que l’on projetterait [blam] sur écran géant ». Pour cadre de ce produit venu du cinéma d’auteur, au sens propre : les années 1980, décidément à la mode dans l’édition pour la jeunesse ! Après Je suis ta nuit, le roman punchy de Loïc Le Borgne (http://master2.hautetfort.com/archive/2008/04/17/nuit-gra...), voici que nous est gracieusement envoyé par l’éditeur, ce qui est bien aimable, un roman paru le 24 avril 2008 mais situé en 1979. Autant dire un roman historique, comme le sous-entend la couverture attirante, façon nanar de jadis ! Mais si vous ne connaissez rien à cette année-là, pas de panique : l’auteur a prévu des séquences de rattrapage avec name-dropping qui doit ring a bell (Alain Souchon, Candy, Podium…), détails typiques (les jeans customisés, les sacs US…) et style archaïsant (« chouettes », « pimbêche », « la grande gigue » qui « a vraiment l’air bécasse », « chiper », le journal intime qui s’appelle « Michel »), sans renoncer au français contemporain (« je m’en fous », « elle est trop belle », « je réalise », « elle me fait marrer », il « me fait craquer »…). Ceux qui ont connu cette ère rigoleront devant quelques notations pointues, moins démonstratives et hélas plus rares, grâce auxquelles l’auteur caractérise le moment de l'action (par ex. : « C’est l’avantage d’avoir grandi : je ne mets plus de cagoule », 60).
Justement, quid de l'auteur ? On sait que Calouan, après avoir été « ingénieur en environnement », s’est tournée « vers l’enseignement, espérant sensibiliser les jeunes, adultes en devenir [si, si], sur le développement durable et la protection de la planète ». Que l’on se rassure : si, mieux qu’une hostie, Calouan s’est auto-« consacrée » (à l’écriture, en l’occurrence), ce n’est point, dans Ce héros n’est pas mon père (Les 400 coups, « ConneXion », 136 p., 10 €), pour nous faire verser la larmichette de rigueur sur les icebergs en fusion et le bioéthanol tantôt bon ou catastrophique pour la planète, selon le lobby en cause. Il s’agit ici d’une sage rédaction à thème, comme l’édition francophone aime en produire.
Sujet : Caroline vit avec sa mère et sa sœur, un foyer très sansonnien en cela qu’il est « exclusivement féminin », comme celui où a vécu Calouan. Caroline – et notre cyberlectrice doctorante, spécialiste du sujet, s’en réjouira – n’a pas de père, même si « c’est un truc que je n’oserais jamais dire : je suis orpheline de père. Parce que, contrairement à ce qu’a suggéré Alice, la mère de Sandrine, je sens que notre père n’est pas mort », 90. Eh oui, il est juste parti. Alors, faute d’un vrai papounet, l’héroïne, « un peu indisciplinée » – comme l’auteur, nous assure Calouan herself – mais très sage quand même et « pleine d’imagination », se l’invente à sa main. Quand réussira-t-elle à accepter la réalité ?
Bilan : comme souvent, des tics d’écriture auraient gagné à être élagués : même si l’objectif est de mimer le ton oral d’une jeune fille, trop de « vraiment », « un peu », « juste », « bien » et « déjà », par exemple, saturent l’effet stylistique voulu. L’usage des guillemets pour excuser une maladresse d’écriture (« on s’est inventé un nom qui fait un peu ‘pestes’ sans faire cucul », 9), la ponctuation enfantine (« Bien sûr !!! », 12 ; « je ne suis pas si mauvaise !!! », 47 ; « – Salut mon chouchou, tu vas bien ?... », 49 ; « Là, évidemment, vous vous en foutez… Mais pas moi !!! », 73) pour renforcer la mimesis convainquent d’autant moins que le pacte de lecture est sans cesse ébréché (chapitres brefs comme dans n’importe quel roman pour ados, sauf facilité pauvre du chapitre 17, qui sonne comme une démission de l’auteur devant une difficulté de narration)… De plus, bien que le genre du « roman à thème » soit très codifié, on aurait aimé croiser dans celui-ci moins de clichés...
Premier type de clichés, les clichés textuels. Citons-en trois exemples.
L’onomastique signifiante : M. Lamour, le prof « vraiment très sympa », « porte bien son nom ». Normal, non (pas de faute de frappe) ? C’est l’auteur qui l’a choisi. Même topos quand « le bébé de monsieur Lamour » naît : « C’est une fille. Et, comble de bonheur, elle s’appelle Caroline comme moi ! », quel hasard, c’est génial, 90.
La stratégie pédagogique de l’enrichissement sémantique : « On a accroché de petits cadres avec des dessins de poulbots » (67), écrit l’auteur. Puis elle semble se repentir et commence par décrire (« les joues rouges », « de grands yeux », « des cheveux ébouriffés », « de grosses casquettes ») avant de lâcher le morceau (« ce sont des enfants qui vivent dans la rue et se débrouillent seuls »). L'intérêt de la lecture est d’ailleurs récompensé par l’institution (sa prof de français dit à Caro : « – Tu as beaucoup de vocabulaire, dis donc ! », 78).
Le zoom peu léger, par ex. : « Tiens, ça me fait penser qu’il ne m’a même pas dit ce qu’il fait comme travail, son père », déjà très gros, s’obésifie, osons le néologisme, grâce à la phrase suivante : « Il faudra que je pense à le lui demander », 110, au cas où on n’aurait pas bien saisi.
Deuxième type de clichés, les clichés moraux. Citons-en deux exemples.
« Elle est bizarre cette prof. Comment peut-on travailler avec les jeunes si on ne les aime pas ? » (14) Ben, je sais pas, moi, mais tu crois vraiment que les employés de call centers aiment les gens qu’ils appellent ? Eh non, ils font juste leur boulot.
Même ambiance gnangnan p. 38 : « Je n’aime pas Fabienne, même si je devrais être compatissante parce que chez elle non plus, il n’y a pas de père. » Jouez, violons d’André Rieu (lequel, comme le remarque http://wally.com.fr/ avec pertinence, a beaucoup plus fait pour le brushing que n’importe quel coiffeur pour la musique) !
Troisième type de clichés, quelques clichés narratifs récurrents dans une certaine production pour la jeunesse. Citons-en trois.
Le décor de cité : l’héroïne qui vit « au milieu des tours » voudrait qu'on l'envolât « loin de ce bitume qui m’entoure » (25) et de cette fatalité qui lui colle à la peau, woh-oh. Par opposition, la copine riche est sympa parce qu’elle n’en rajoute pas et permet de se retrouver dans une ambiance digne de Candy, ce dessin animé aux histoires d’amour mal dessinées – selon les http://www.leswriggles.com/, quand ils étaient drôles –, où l’on peut être « une fille qui n’a pas de parents » et plaire à quelqu’un de « riche et gentil » (43).
La super copine typique : « Cette fille, c’est peut-être une providence pour moi ? L’occasion de partager ça avec quelqu’un… Elle est tellement compréhensive, tellement douce… » / [Cut], 56).
Les « trucs » permettant des inserts : ainsi du passage pseudo-obligé sur le thème : « Je vais chercher, sous le matelas, mon journal intime », 49. Même topo pour le cahier de listes : « Avec Sandrine on a décidé de commencer un cahier où on récapitulerait tout ce que je sais au sujet de mon père, tout ce que je peux trouver… », 92 – objet dont la fonction est surlignée plus loin : il « va falloir qu’on se décide à remplir le cahier à secrets avec Sandrine. Pour commencer à y voir plus clair », 99.
Notons que, à notre sens, le problème n’est pas l’usage de telle ou telle astuce attendue mais, aussi loin que nous sommes concernés, cette accumulation de stratégies courues d’avance et jamais réinvesties de façon originale par l’auteur.
En conclusion, on subodore la charge émotionnelle que l’auteur a voulu mettre dans ce texte en y jetant fougueusement tout son ego, comme Achille Talon lorsqu’il s’attaque, taïaut, à la rédaction de son testament. Mais on n’a guère été convaincu par ce qui semble être son projet littéraire : jouer sur tous les tableaux – roman contemporain (chapitres brefs et numérotés, héroïne battante…), texte à thème social, journal intime à la fois dans le journal qu'on écrit et dans l'ensemble du roman (notations du type : « C’est vraiment un gentil garçon », 72, pfff…), texte couturé d’inserts différents alourdis par le paratexte (cf. autour de la p. 78)… L’écriture paraît ainsi achopper sur des facilités peu convaincantes (le chapitre 17, les rythmes ternaires grammaticalement bancals : « Cheville tordue, esprit torturé, torts reprochés », 130), trahissant la volonté pour partie contradictoire de raconter une histoire intime et d’en faire un exemplum.
De sorte que les gnagnagnas sur la difficulté d’être semi-orpheline (« ça se passe comment dans les familles où il y a un père ? Je demanderai à Sandrine qu’elle me raconte », 52), l’art de retrouver son père, la difficulté de confronter ses rêves à la réalité (83), perdent en pertinence littéraire et en efficacité émotionnelle ce qu’ils sont censés gagner en universalité. Entre tentation démonstrative essayant de recaser ce qui est censé faire l’unanimité en jeunesse (d'où l’exploitation de la Shoah : « – [Mes grands-parents] étaient juifs et c’était leur seul tort », chougne la copine Sandrine, l’auteur en rajoutant une louche en commentant par la voix de son héroïne : « Je garde une telle émotion de ce jour-là ! », 127, peut-être digne d'un Gnagnagna d'or, cf. http://master2.hautetfort.com/archive/2008/03/04/le-breto...) et sensiblerie (« ça m’a fait de la peine. Beaucoup de peine », 97, nominé d’office, pour le coup, aux Gnagnagna ; « Elle sourit. C’est si précieux », au secours, 131), Calouan tente de happer la lectrice dans les rets de son drame. Admettons que, malgré quelques notations rigolotes (« il est gentil ce garçon, il ressemble à un nounours », 101, hélas gâché, plus loin, par une notation signalant que le même Rodolphe « a l’air d’être un gentil garçon », 105, ben oui, t'as pas vu ? il ressemble à un nounours), nous sommes passés entre les mailles du filet émotionnel.
Et pourtant, on est fan d'Achille Talon. C'est à n'y rien comprendre.
BF

26/04/2008

Les djeunses prennent le pouvoir !

Les étudiants du meilleur master 2 professionnel de littérature pour