01/04/2008
De l'art pour les lardons, vol. 2
Deuxième exemple de l'actualité de l'art pour enfants et de son lien avec l'édition pour la jeunesse : le Musée en herbe, "espace dédié à l'art et aux enfants depuis 1975, a décidé de diversifier ses activités et de s'implanter au coeur de Paris, au 21, rue Hérold, dans le premier arrondissement" (Livres Hebdo n° 727, 28 mars 2008, p. 68). A partir du 3 avril, l'endroit s'ouvrira pour "permettre de découvrir de l’intérieur le tableau « Jeux d’enfants » de Bruegel", en faisant interagir les enfants avec le tableau : les visiteurs "franchissent un cadre géant pour pénétrer dans le tableau reconstitué en trois dimensions, circulent au milieu des enfants peints par Bruegel, s'habillent comme eux, découvrent des jeux anciens dans des vitrines", etc. Un projet alléchant à découvrir sur un site qui ne recule pas devant la faute de frappe : http://www.musee-en-herbe.com/atelier/don.htm. (Signalons à nos cyberlecteurs artistes que le musée cherche des projets, voir modalités sur le site).
Quel lien avec l'édition ? Eh bien, depuis aujourd'hui, "parents et enfants ont accès à un nouvel espace de 600 m²", incluant "Le Petit Baz'Art, librairie pour la jeunesse de 70 m², qui proposera près de 500 ouvrages et jeux d'éveil autour de l'art et des loisirs créatifs." Mathieu Girardet, le patron, veut faire de cet endroit "une librairie de référence autour de l'art pour les enfants", avec des séances de lecture et un objectif de 200 000 € de CA dès la première année. Serait-ce un signe, dès lors, que l'on va vers une hyperspécialisation des librairies ?
BF
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31/03/2008
De l'art pour les lardons, vol. 1
Après l'édition, l'art pour enfants est un concept qui se développe, et les deux constats sont liés. Nous en donnerons, ce jour, deux illustrations.
Premier exemple avec Sandrine Andrews, qui a "collaboré avec diverses maisons d'édition très actives dans ce domaine, comme Palette et Mango". Son entreprise, www.lespetitspoissontrouges.fr, est une "galerie d'art ludique et poétique" en ligne pour enfants. Elle propose des originaux (illustrations, peintures, gravures, sculptures...) afin d'ouvrir la gamme vers le bas de gamme, pardon : les "prix démocratiques". L'art brut, la BD en général et les mangas en particulier, les dessins animés, les jeux vidéo sont autant de source de commerce pour ces petits poissons qui nagent, nagent, nagent aussi au milieu des requins en organisant une première exposition en live avec l'oeuvre de Chiaki Miyamoto et l'Agence ludique, à découvrir au 81 rue du Temple, dans le troisième arrondissement parisien, jusqu'au 17 mai. Ateliers et rencontres avec la cybergaleriste sont prévus. Blog de la marchande de petits pois : http://lespetitspoissontrouges.blogspot.com/.
Et le second exemple d'art pour enfants lié à l'édition ? Il sera en ligne dès demain. Comme on dit dans les films : tadaaa... (Pour susciter le suspense, on peut aussi faire grincer une porte, mais c'est beaucoup plus difficile à transcrire verbalement.)
BF
PS : en prime, pour les Sarthois, annonçons le 2 avril un débat qui promet d'être chaud à la BU de l'université du Maine. Pour la première fois, auteurs, éditeurs, libraires, diffuseurs, sociétés de redistribution des droits et bibliothécaires seront réunis autour ou plutôt le long d'une table, afin de débattre avec le public du rapport entre "Le livre et le savoir". Le livre est-il un support ringard de connaissances ? A-t-il encore sa place, et à quelles conditions ? L'Université sauvera-t-elle ou coulera-t-elle le livre ? Bons, méchants, bêtes et truands (mais qui jouera quel rôle ?) seront réunis sous la houlette d'un animateur sexy et frétillant. Nous conseillons donc aux amateurs d'édition, de savoir ou de bouquinade d'assister à cette frétillante manifestation. Plus de rens. : SAVOIR, le recto.pdf et SAVOIR, le verso.pdf.
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30/03/2008
Camping disco dans l'édition pour la jeunesse
Autant vous rassurer illico prestissimo : la présente SREP (simili-revue ex-presse) ne parle pas des chrétiens d'Irak. Elle ne dit pas que la moitié d'entre eux, "estimés à 700 000 avant la guerre, ont quitté leur domicile" et "187 000 se sont réfugiés dans les pays voisins", tandis que "ceux qui restent risquent tous les jours leur vie". Elle ne parle pas des intimidations, des menaces, des rançons, des enlèvements, des assassinats réservés aux fous qui n'ont pas bougé et découvrent que le dialogue des cultures n'est plus possible, doux euphémisme, dès lors que "les communautarismes ethniques et religieux l'emportent", comme l'ont signalé Pax Christi, Mgr Marc Stenger et Ghaleb Bencheikh, président français de la Conférence mondiale des religions pour la paix dans "Le Monde" du 25 mars 2008, p. 13. Non, la SREP ne pipera mot sur ces sujets. Même si des enfants, entre autres, se font massacrer, ce qui leur permettrait d'être mentionnés ici, cette rubrique considère que ce scandale n'intéresse personne, et comme elle aspire au succès, elle évite le sujet, pas folle la guêpe ! La SREP 1.doc préfère évoquer les meilleures ventes de mars, les tendances de Gallimard, Pocket et Toucan Jeunesses, la création d'un nouvel auto-éditeur, les dangers que constituent les adultes, les bonbons et les portables, l'art de séduire les grands-mères pour leur fourguer des T-shirts à 55 € et moult autres péripéties. En prime, elle offre à ses lecteurs une belle leçon de zen de Franck Dubosc (photo). C'est quand même plus vendeur, non ?
BF
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29/03/2008
Que regrettent les pédagogues ?

Françoise Hache-Bissette attire notre attention sur la figure d'André Giordan, jadis prof de collège avant d'être le fondateur, à l'université de Genève, d'un "laboratoire de didactique et d'épistémologie des sciences". Interviewé par Patrick Lallemant, ce serial writer revendique une conception "révolutionnaire" de l'acte d'apprendre. Pour lui, "apprendre est paradoxal : il faut construire et déconstruire simultanément, faire avec
les conceptions que l’on maîtrise et en même temps s’y opposer, s’appuyer dessus et en même temps les lâcher… En outre, apprendre ne peut se résumer à un seul modèle. Il faut jongler avec plusieurs systèmes de pensée." Mais l'homme a des regrets : "Comme je viens d’un milieu très populaire, ma mère m’a toujours dit que j’aurais été plus heureux cheminot. En tout cas, je me serais posé moins de questions !" Pour découvrir son oeuvre, on peut lire deux ouvrages récents écrits en collaboration avec Jérôme Saltet : Coach collège, Play Bac, 2006, et Apprendre à apprendre, Librio, 2007.
BF
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28/03/2008
Toit, toit mon toit
Elli Medeiros, vous connaissez ? Si la ritournelle Toi, mon toit vous dit quelque chose, vous vous précipiterez peut-être à la maison... du livre, de l'image et du son de Villeurbanne, les 5 et 6 avril. Au programme, une Fête du livre jeunesse (sic) organisée pour la neuvième fois par les bibliothécaires du cru, sur le "thème citoyen" de la maison. Le 4 avril, une journée professionnelle aurait déjà rassemblé plus de 200 inscrits. L'ambiance sera à la larmichette "citoyenne", notamment "grâce à l'engagement citoyen d'un certain nombre (sic) d'auteur auprès de collégiens menacés d'expulsions". Au menu : spectacles et invités comme Franck Andriat, Sigrid Baffert, l'excellente Julia Billet dont on attend avec impatience le prochain roman pour la jeunesse, Alex Cousseau, Bruno Heitz, Susie Morgenstern, Marie-Sophie Vermot et moult autres... Jolie page d'accueil et pages très complètes, quoique mal conçues en termes de circulation, sur http://www.mairie-villeurbanne.fr/fete_livre_jeunesse_2008/. Inscriptions possibles au 04 72 65 00 04.
BF
PS : a priori, Elli Medeiros ne sera pas sur place, mais on peut la retrouver, si on est fou, sur http://www.youtube.com/watch?v=mKsEBJdVvgI. Eh oui, on ne fait pas que des choses dont on est fier plus tard.
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27/03/2008
En attendant Noël...
Après la conférence de Christian Amalvi, signalée sur ce blog, annonçons le programme des conférences organisées par la Joie par les livres dans le même cadre parisien et mutuel. Le 11 avril, soit une semaine après la journée professionnelle du salon de Villeurbanne (VILLEURBANNE.rtf), Isabelle Nières-Chevrel causera des albums de Maurice Boutet de Monvel ; le 16 mai, Nelly Chabrol-Gagne, qui chapeaute un appel à contributions (ALBUM.rtf), parlera des "Représentations du féminin dans l'album contemporain", se demandant s'il s'agit d'un "lieu commun" ou d'un "espace singulier" ; Virginie Douglas s'intéressera à "la tradition de la fantasy anglaise et son influence sur le roman contemporain" le 20 juin ; Michel Manson aura toutes les vacances pour préparer sa conférence du 26 septembre sur "Guy Sabran, illustrateur chez G.P. de 1943 à 1959" ; l'omniprésente association ACCES enverra une psy parler des "comptines" le 21 novembre ; et, le 12 décembre, Marie-Pierre Litaudon présentera la "généalogie et la poétique d'un genre fondateur : l'abécédaire". Après, et après seulement, on pourra penser à Noël (photo de C. Eyquem). Chaque chose en son temps. Rens. : Marion Caliyannis, 01 55 33 44 45.
BF
26/03/2008
Un tout petit drame
Acta, la compagnie d'Agnès Desfossés (http://www.compagnie-acta.org), organise pour la troisième fois, de ce 26 mars jusqu'au 11 avril, les "Premières rencontres - biennale européenne en Val-d'Oise". L'objectif est de "proposer une programmation culturelle de qualité aux tout-petits" en mettant en place "un festival à destination de la petite enfance", "des actions de formation pour les professionnels de la culture et de la petite enfance" du département et "un forum interprofessionnel de réflexion" pour "évoquer les spécificités de la création artistique pour le tout-petit", ainsi que "sa place dans l'éveil de l'enfant". Vous trouverez le détail des festivités en cliquant sur PROGRAMME VO.pdf. Plus d'informations autour du théâtre et des spectacles pour la jeunesse par ex. sur www.theatre-enfants.com et sur www.stephyprod.com.
BF
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25/03/2008
Croque'n'roll
Les éditeurs ont toutes les audaces. Voici que, non contents de nous déranger chez nous en nous envoyant des opuscules, ils osent à présent les mander non dédicacés. Oui, vous avez bien lu : non dédicacés ! On croit rêver ! Ce nonobstant, par bonté d'âme, par souci d'informer nos lecteurs et parce que nous ne désespérons pas de voir Les 400 coups revenir à la raison, nous allons recenser leur nouvelle production dans la trilogie fersénienne. Mais quand même...
I) Musique et édition : le cas Thomas Fersen
1) Le nouvel album
Après Dugenou et avant Les Malheurs du lion, l'éditeur québécois propose avec Croque, à paraître le 10 avril, un produit très ciblé pour le public de sa maison-mère. Thomas Fersen, vedette au Québec comme en France, est ici mis en image par une jeune illustratrice de nos cousins, Manon Gauthier, distinguée outre-Atlantique "dans la catégorie relève" pour son précédent album. Les amateurs de chanson loufdingue connaissent l'histoire de cet obsédé de la nourriture qui, à force de faire des trous, des p'tits trous, encore des p'tits trous pour y enterrer les gens, a toujours un p'tit creux. Pour lui rendre justice et faire son propre trou, l'illustratrice troue son dessin, coupe et colle, griffonne et écrit, zoome et flèche, joue de l'approximation, de la connexion saugrenue, de l'absence de perspective, de la similitude entre de
ux illustrations accolées et du trait naïf pour suggérer, suppose-t-on, l'esprit un rien branque du héros.
2) La poly-exploitation
Thomas Fersen lui-même a bien compris l'intérêt de décliner un succès pour ne pas décliner. C'est en effet un habitué de la multi-exploitation (album studio, album live, best of, DVD) et de la poly-exploitation, sous trois angles. Premièrement, les partitions ; deuxièmement, les oeuvres de commande comme Un poil dans la choucroute (Textuel, 2007) ; et, troisièmement, les albums pour la jeunesse : outre la trilogie des 400 coups, signalons ainsi Bucepéhale, avec Robert Doisneau, auteur de la photographie qui ornait Le Bal des oiseaux, premier album de Thomas Fersen (Le Rouergue, 1998), et La Chauve-souris illustrée par Aude Poirot, une illustratrice née en 1978 (Points de Suspension, 2003). Qui doutait que la poly-multi-exploitation fût un art ?
II) Edition et musique : les adultes aussi
1) Les essais
Le rapprochement entre industrie musicale et production éditoriale n'est pas nouveau. L'édition pour la jeunesse a souvent albumisé chansons et comptines, traditionnelles ou signées d'auteurs-compositeurs réputés. L'ère semble cependant se prêter singulièrem
ent bien à ces rapprochements. A nous Paris n° 388, publié le 17 mars 2008, notait p. 8 que, "depuis quelques années, les éditeurs français publient traductions et bios, se disputant le marché porteur du livre rock" (comprendre : livre sur le rock, comme certains whiskeys), dont le développement serait une "success story".
2) Les romans
Dans Le Monde Radio-télévision des 16-17 mars 2008, p. 35, Cécile Backès, "metteur en scène de théâtre, actrice et grande fan des Rolling Stones", observe que "les essais [sur le rock] fourmillent" - les BD sur les paroles des chanteurs et groupes aussi -, mais le rock a "très peu inspiré les romanciers". Elle a donc conçu pour France Q des émissions, diffusées depuis le 22 mars jusqu'au 19 avril, "sur des icônes du rock
à partir des rares livres de fiction qui leur ont été consacrés" chez Léo Scheer (Fonction Elvis de Laure Limongi), Al Dante (Héroïnes de Christophe Fiat), Naïve (Les Doigts écorchés de Sylvie Robic, et Un démocrate, Mick Jagger. 1960-1969 de François Brégaudeau), avec une création inédite de Claudine Galea sur Patti Smith (photo), laquelle fait l'objet d'un numéro spécial de Libération ce jour, et expose ses oeuvres (enfants non compris) du 28 mars au 22 juin (et non du 8 mars au 8 juin comme l'affirme Caroline Besse dans son article) à la Fondation Cartier, à Paris. Rens. : http://fondation.cartier.com/main.php?lang=1&small=0.
BF
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24/03/2008
La jeunesse est-elle francophone ?

Fin juin, osons un pronostic : il fera beau, il fera sûrement chaud, bref, ce sera un temps idéal pour se rendre à Villetaneuse (Paris-XIII). Villetaneuse, ses immeubles, ses bus, sa gare, sa fac, et surtout son colloque sur "l'édition de jeunesse (sic) francophone face à la mondialisation : histoires, problématiques" organisé par un fin connaisseur du sujet, Luc Pinhas,sur un thème que les habitués des revues ex-presse ont vu récemment abordé par Jean Perrot. Pourquoi ce sujet devient-il récurrent ? Sans doute parce que "la production et, surtout, la diffusion du livre de jeunesse francophone se heurtent à de multiples obstacles dans le contexte de globalisation actuel, et demandent souvent à être soutenues par des politiques publiques construites et actives". Pour y réfléchir en leur compagnie, professeurs réputés dont l'incontourné Michel Manson, centraliens bretons, doctorantes spécialistes de sujets pointus et zozos variés (entre moult autres) vous donnent rendez-vous, notamment le 27 juin à 11 h 25 (mais on peut aussi assister au début et à la fin du colloque). L'ensemble, fort prometteur, est gratuit pour les étudiants et pô très cher pour les autres. Rens. : Colloque mondialisation Villetaneuse.pdf.
BF
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23/03/2008
Allez, Elvis, presse-les !
La Balade d’Elvis de Francisco Arcis, paru au Seuil dans la collection « Karatère(s) », est un petit roman de 94 pages visant les lecteurs « à partir de treize ans ». Il narre l’histoire de Caroline, AS fraîchement diplômée, qui doit accompagner un djeunse au tribunal. Son souci d’être sensible et douce et gentille, par opposition à un système méchant tout plein, la pousse à se conduire comme une gamine et pas du tout comme une professionnelle de l’enfance. C’est dire si la question posée en explicit de quatrième est rhétorique : « à trop vouloir bien faire, la jeune AS n’est-elle pas sortie, dès le début, de son rôle ? » Si, bien sûr. En revanche, il n’est pas certain que ce roman, inscrit dans une collection qui prétend proposer « une littérature adolescente de caractère », ce qui vous a un petit côté Grimbergen, « bière de tradition et de caractère », ait rempli sa fonction.
Le texte est tout entier focalisé par l’aspect « histoire vraie », censé compenser le manque d'intérêt narratif et littéraire, lui-même prouvant l'authenticité du propos : Francisco Arcis « est éducateur spécialisé », il « dépeint ici (…) un univers qu’il connaît bien », « toute ressemblance avec des personnages existants (sic) n’aurait rien de fortuit », etc. Dès lors, il n'est pas illogique que ce roman soit proche d’une espèce de synopsis dialogué, dont la pauvreté peut être crainte dès le prologue où l’auteur promet de rendre compte d’une « vraie aventure humaine » avec des ados « cabossés par la vie », qui sont « terriblement attachants » et n’ont « qu’un besoin viscéral : celui d’être aimés ». Snif. Du moins ne ment-on pas sur la marchandise. En effet, le reste n’est que clichés, topoï et silhouettes de personnages à peine esquissées. Il y a là une cohérence dans le propos : pour valoriser son message, l’auteur préfère s’en tenir à une galerie de rôles-types, car chacun joue son drôle de rôle - la gentille AS un peu cruchouille, le gentil gamin pas gâté par la vie et roublard, la mère qui s'en tape dans différentes acceptions, le salopard qui deale… de la beuh (faut pas trop choquer), le juge paternaliste, les éducateurs pas méchants mais pas parfaitement respectueux, etc.
Par moments, ce brouillon de roman glisse quelques traces d’humour : la mère change de copain parce que, habitant Pise, elle a « un penchant » pour les hommes, 60 ; l’avantage d’Elvis sur Dylan, c’est qu’au moins on sait à qui le prénom fait allusion, contrairement à Bob Dylan Thomas, par ex., 10. Mais ce sont surtout les lieux communs qui retiennent l'attention. Citons ainsi la téci avec son ascenceur en panne, les méchants, la gentillesse du héros qui se manifeste par son refus de dealer du shit – il ne fait que du recel –, et des expressions comme : « Oh, ça va, arrête un peu les violons. Tout ce que tu sais faire, c’est t’apitoyer sur ton sort. Ça, c’est facile », 47, pfff… Le texte est marqué par quelques notes de bas de page pédagogiques, quelques métatextes chargés d'insister sur le pseudo-réalisme du « langage djeune » (« chichon », « d’équerre »...), et l’impression de vide narratif et intellectuel cuisant. Certes, on ne doutera pas de la sincérité de l’auteur, mais on ne doutera pas davantage de son manque d’ambition littéraire. Dans la mesure où c’est cette ambition qui était susceptible de nous intéresser ici, nous ne conseillerons pas aux lecteurs de ce blog de se précipiter sur un ouvrage vendu 7,50 €, sous une aguichante première de couverture signée Merlin.
BF
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