21/06/2008

Le prix de l'école

CHABAS.gifA défaut de pouvoir acheter, les Français jouent à la marchande et distribuent des prix (littéraires). Non, bien sûr, la culture n'est pas une marchandise, mais on aime à lui donner du prix pour le (ren)chérir bien sagement. Parmi les petits prix récents, signalons celui du club de lecture de la Librairie des Enfants, dirigée avec dynamisme par Sophie Haïk (Paris 17). En 9-12 ans, Annie Pietri l'emporte avec Carla aux mains d'or devant Ricardo Gomez et OEil de nuage, le Sortilège de Jean-François Chabas (photo) complétant le podium. Chez les plus vieux (12-16 ans), une p'tite inconnue l'emporte avec un roman tout fresh : Marie-Aude Murail est primée pour Simple, paru en 2004, suivie du navet mythologique de Rick Riordan, Le Voleur de foudre (2005), et de Be Safe de Xavier-Laurent Petit. Avec trois titres primés, l'école des loisirs apparaît donc comme le meilleur éditeur pour la jeunesse... ou pour les enfants sages, qui valident les choix des "professionnels" et des parents ? Le débat ne cessera de rebondir (jboïng, jboïng - tiens, que disais-je à l'instant ?), surtout si on y ajoute une question : à quoi bon de petits prix, s'ils essayent de récompenser les mêmes livres que les grands... avec quatre ans de retard ?
BF

06/05/2008

Buller : la meilleure façon d'apprendre ?

1714562216.jpgJadis, quand elle était petite chanteuse et commençait de fredonner ses Fabulettes, Anne Sylvestre expliquait qu'elle "préparait son futur public". La sociologie de ses concerts et "Les rescapés des fabulettes", que l'on peut écouter sur http://www.myspace.com/annesylvestre, prouvent que sa blague était juste. La plus importante romancière francophone de notre ère suivrait-elle ses traces et se préparerait-elle, dès le CP, des lecteurs pour plus tard ?
On sait que des opérations marketing ont été tentées pour investir le jeune public et le préparer à ses devoirs de consommateurs de production pour la jeunesse. Ainsi, Petit Vampire de Joann Sfar, à l'apogée de sa gloire, vers 2004-2005, illustrait la méthode de lecture Que d'histoires ! (Magnard). Marie-Aude Murail va plus loin, ce qui ne nous étonne guère d'elle. Bien qu'elle ne soit plus un petit auteur depuis force lustres, elle suit une approche non éloignée d'Anne Sylvestre en mettant les mains dans le cambouis de l'apprentissage de la lecture. Sa réflexion sur le sujet a suivi trois temps.
D'abord, elle rédigea brillamment ses souvenirs d'auteur pour la jeunesse intervenant dans les écoles. La version originale parut chez Calmann-Lévy avant de connaître des à-côtés rigolos chez La Martinière Jeunesse (conseils de lecture pour djeunses, par ex.) et un remix au Sorbier où elle expliquait comment, d'auteur pour la vieillesse, elle avait muté jusqu'à devenir romancière pour la jeunesse... et le rester.
Ensuite, la romancière rédigea un roman sur l'école primaire, intitulé Vive la République ! et paru chez Pocket Jeunesse. Elle y explorait la vie en CP du point de vue de l'instit fictionnel qu'était l'amusante Cécile, héroïne d'une comédie enlevée - peut-être pas l'ouvrage le plus original de l'auteur mais assurément une impressionnante démonstration de savoir-raconter avec drôlerie.
Enfin, ces jours-ci, motivant ce post, elle propose une nouvelle oeuvre en collaboration : Bulle (Bordas) aborde la question de la lecture sous la forme d'une méthode fondée sur le genre épistolaire et la lecture à voix haute.
Quand une telle personnalité décide de s'attaquer à l'illettrisme en suggérant ses solutions pratiques, en collaboration avec une instit, une conseillère pédagogique et Frédéric Joos, l'illustrateur de sa série L'Espionne, cela donne forcément un événement à découvrir sur http://bulle.editions-bordas.fr/, avec son auto-commentaire à lire sur INTERVIEW MAM.doc. Les instituteurs étant sans doute plus compétents que moi pour jauger le résultat de ce travail, ils sont libres, comme les autres cyberlecteurs, de "lâcher leurs comm'" quand ils auront examiné la bête !
BF

07/02/2008

Le scoop de France-Inter

866447e9f99506053db5d5e80492e1f6.jpgJusqu'au 9 février, vous pouvez écouter Marie-Aude Murail sur le net. Elle parle des amours bibliophiles d'enfance, des footballeurs de l'AJA et des séries pour la jeunesse, en dialogue avec un "instit auteur" qui fait des blagues quand "il se plaisante". Une émission malheureusement ponctuée d'une chanson d'une clone d'Olivia Ruiz en encore pire (si, c'est bizarre mais possible), mais bon, on peut passer, c'est l'avantage des archives. On commencera donc l'écoute du document à 10:48, afin d'apprendre pourquoi le plus grand auteur français pour la jeunesse n'est pas devenue exploratrice (elle confond la droite et la gauche, c'est ce qu'on appelle un scoop à ouïr sur http://www.radiofrance.fr/franceinter/em/dejadebout/archi...).
BF

25/12/2007

(L'enfance) dou-ou-ce nuit(-elle ?)

86b0388c047877d2c9f3ad9dff4d79fd.jpgLa Comtesse de Ségur, Georges Chaulet, Philippe Ebly ont-ils fait les auteurs pour la jeunesse d'aujourd'hui ? Quatre-vingts d'entre eux ont joué à "Je me souviens d'un livre qui m'avait marqué, et je le relis". Oscillant entre (rares) trouvailles stylistiques et componction d'auteur parlant de lui-même à travers l'oeuvre d'autrui, le recueil Un amour d'enfance (Bayard) a l'avantage de souligner l'importance de la nostalgie dans le marché pour la jeunesse, l'intérêt de présenter des formes de paratextes d'auteurs pour la jeunesse, et surtout le privilège d'être préfacé par la grande Marie-Aude Murail, pour qui « se confronter, devenu adulte, à ce livre qui fut déclencheur ou catalyseur, amène fort naturellement à se demander : pourquoi celui-là ? Anticipant le jugement d’autrui, on se dépêche d’avouer : oui, c’est un peu daté, bien sûr, c’est du mélo, non, ce n’est pas un grand roman. Et pourtant, on « marche » encore. Pourquoi ? Sans doute parce que c’était lui et parce que c’était moi... » Plus de texte sur http://www.la-charte.fr/publications/amour.html.
BF