28/05/2008

Bordeaux, ville de la violence

950811529.jpgRéjouissons-nous de ce que les colloques sur les livres pour personnes âgées s'ouvrent souvent aux livres pour jeunes, permettant des confrontations critiques stimulantes et ouvrant la réflexion littéraire sur d'autres thèmes que : "Faut-il s'adresser spécifiquement aux jeunes ?", "Jusqu'où repousser les tabous ?" et autres "La littérature pour la jeunesse est-elle de la littérature ?" (je résume les réponses-types : non, c'est tout vilain ; on peut tout dire, ça dépend comment on le dit ; bien sûr, la littérature est universelle).
(Gnagnagna.)
Or, paraissent ces jours-ci les actes stimulants et éclectiques d'un colloque interdisciplinaire bordelais sur la violence dans la littérature au sens très large. En effet, Violence de l'écriture, violence de l'affect, voix de l'écriture est le sujet du numéro 81 de la revue Eidôlon (Presses Universitaires de Bordeaux, 430 pages, 26 €) examine "le discours de la violence, la construction d'une rhétorique et les limites de cette rhétorique". En interrogeant "la violence comme mise en demeure de la langue", Gérard Peylet et Sandrine Bazile ont réuni des contributions explorant avec autant de curiosité l'oeuvre d'Annie Proulx, d'Antonin Artaud et de Drieu La Rochelle que le boléro masochiste, la vie des bonnes colombiennes, une planche de Gotlib, l'allemand dans les Lager et... les représentations de la mort dans les romans contemporains pour jeunes lecteurs - le tout formant, à l'arrivée, un projet baroque donc, à ce titre, intéressant.
BF