16/06/2008

Christian Poslaniec, en forme, forme

POSLANIEC.jpgLa critique française du corpus constitué par les livres pour la jeunesse a ceci de commun avec le foot ou la gastronomie : elle a ses vedettes. Parmi les chouchous des enseignants, bien que Catherine Tauveron occupe une place de choix, la situation de Christian Poslaniec, qui a fortement contribué au lancement du meilleur master 2 professionnel sarthois sur ce sujet, n'est sans doute pas la moins enviable. Homme de l'ombre (son influence sur les "listes de l'Education nationale" fait trembler certains éditeurs), de la lumière (formateur, enseignant et chercheur à l'INRP) et du verbe (auteur de nombreux textes et pas que pour les profs), publie un nouveau livre sur la pédagogie de l'édition pour la jeunesse, édité chez Hachette Education (26,9 € pour 368 p.).
Après une première partie sur l'identification de cet "objet littéraire" (histoire, images, classiques, lecteur virtuel), (Se) former à la littérature de jeunesse s'inquiète d'en mieux connaître le contenu littéraire (la littérarité, les genres, les formes littéraires - l'album, le conte, la poésie -, les types - l'aventure, le policier, le fantastique -, les "genres formels" - les narrateurs, l'épistolaire, le guide touristique fictionnel - et les tons - le détaché, le parodique, la fausse naïveté -). Plus générale, la troisième partie examine les "instances littéraires", tâchant d'appliquer au corpus un résumé des grandes questions littéraires sans cesse évoquées : l'instance narrative, le personnage, l'interculturalité, l'implicite et le symbolique.
Ces préalables lui permettent d'attaquer à la page 217 sa réflexion sur la "pédagogie de la littérature de jeunesse" (l'apprentissage, le plaisir, les approches pédagogiques), assortie de "pratiques de formations" et de "commentaires sur les activités proposées", lesquelles tiennent à la fois du corrigé et de l'ouverture plus large sur, entre autres, la symbolique du chihuahua à pois. Alors que des bibliographies critiques ponctuent chaque partie, une bibliographie très française rassemble en fin d'ouvrage les fictions citées, proposant un best of utile à l'enseignant. Cette dernière envolée conclut de façon synthétique un ouvrage qui déplace la question de la "littérature de jeunesse" pour la recentrer sur la transmission du corpus. Par conséquent, on ne doute pas que, désormais, les "formateurs", ex, actuels ou futurs, iront voir quel filon creuser dans cette mine pédagogique !
BF

02/06/2008

L'album fait boum !

889677062.jpgC'est l'un des événements critiques de l'année, dans le domaine de la littérature pour la jeunesse : l'université d'été de l'Institut Charles-Perrault est, chaque année, une occasion spectaculaire de rencontrer les illustrateurs les plus en vue et de décortiquer leurs oeuvres comme autant de délicieuses gambas. Cette année encore, les 26 et 27 juin, stars et égéries de l'album "indépendant" seront au rendez-vous : Gilles Bachelet, Christian Bruel, Jean Claverie, Patrick Couratin, Olivier Douzou, Claude Lapointe, Georges Lemoine, Béatrice Poncelet, Grégoire Solotareff, Anaïs Vaugelade et quelques éditeurs de Gallimard feront le déplacement pour des conférences, tables rondes, interviews, projections, ateliers, expositions, et autres concerts. Le programme intégral est disponible en cliquant ici : UNIV ETE IICP.pdf. Un site très riche propose un best of illustrations : pour y accéder, cliquer sur http://www.lajoieparleslivres.com/masc/Integration/JOIE/s.... Pour s'inscrire et obtenir des renseignements : http://www.institutperrault.org/. Bel été universitaire à tous !
BF

29/05/2008

Une orange bleue pressée

1418548806.jpgAndré Delobel, porte-voix du CRILJ orléanais, nous signale que le numéro 5 de la revue Littérature maghrébine et comparée s'est intéressé en 2007 aux livres pour la jeunesse. Le propos ne manque pas d'originalité, car le corpus est très réduit : moins de 600 livres pour la jeunesse sont recensés entre 1940 et 1990. En dix ans, cependant, 700 livres ont rejoint ces statistiques. Pas encore suffisant, apparemment, pour que l'édition pour la jeunesse accède au statut d'objet critique à part entière. En effet, sur les cinq articles du dossier auquel nous nous référons, trois s'intéressent exclusivement à la presse "pour l'enfance", un aux contes des Mille et une nuits et un seul à un texte pour la jeunesse d'Abdellatif Laâbi - Abdellah Romli proposant un "essai de lecture" de ce texte édité au Seuil avant d'être derechef disponible chez Marsam (Rabat). Ce "défaut" montre au contraire un souci de se faire l'écho des spécificités locales, et en profite pour remettre au coeur de la production culturelle le rapport des jeunes à la presse, jadis exploré par Alain Fourment pour la France. Rens. : MAGHREB.rtf.
Signalons à propos de l'orange bleue la parution d'Abdellatif Laâbi, traversée de l'oeuvre de Jacques Alessandra, qui vient d'être édité à La Différence, collection "Les Essais".
BF

28/05/2008

Bordeaux, ville de la violence

950811529.jpgRéjouissons-nous de ce que les colloques sur les livres pour personnes âgées s'ouvrent souvent aux livres pour jeunes, permettant des confrontations critiques stimulantes et ouvrant la réflexion littéraire sur d'autres thèmes que : "Faut-il s'adresser spécifiquement aux jeunes ?", "Jusqu'où repousser les tabous ?" et autres "La littérature pour la jeunesse est-elle de la littérature ?" (je résume les réponses-types : non, c'est tout vilain ; on peut tout dire, ça dépend comment on le dit ; bien sûr, la littérature est universelle).
(Gnagnagna.)
Or, paraissent ces jours-ci les actes stimulants et éclectiques d'un colloque interdisciplinaire bordelais sur la violence dans la littérature au sens très large. En effet, Violence de l'écriture, violence de l'affect, voix de l'écriture est le sujet du numéro 81 de la revue Eidôlon (Presses Universitaires de Bordeaux, 430 pages, 26 €) examine "le discours de la violence, la construction d'une rhétorique et les limites de cette rhétorique". En interrogeant "la violence comme mise en demeure de la langue", Gérard Peylet et Sandrine Bazile ont réuni des contributions explorant avec autant de curiosité l'oeuvre d'Annie Proulx, d'Antonin Artaud et de Drieu La Rochelle que le boléro masochiste, la vie des bonnes colombiennes, une planche de Gotlib, l'allemand dans les Lager et... les représentations de la mort dans les romans contemporains pour jeunes lecteurs - le tout formant, à l'arrivée, un projet baroque donc, à ce titre, intéressant.
BF

27/05/2008

Tribute to JMGLC

2243820.jpgLa nouvelle livraison des Cahiers Robinson "se situe dans la lignée des numéros dédiés aux grands écrivains [comprendre les écrivains pour grands] dont l'oeuvre est traversée par la question de l'enfance". Après Henri Bosco, Andrée Chedid et Sylvie Germain, c'est au tour de l'ennuyeux Jean-Marie-Gustave Le Clézio de passer à la moulinette de l'admiration. Son "succès auprès des jeunes lecteurs" tiendrait moins à la prescription de l'Education nationale (ah bon ?) qu'à "l'écriture du conte et du mythe" réinvestissant l'enfance délaissée par l'adulte. Notons néanmoins des contributions qui s'annoncent intéressantes sur la poly-exploitation (Le Clézio au théâtre) et sur l'analyse de l'illustration leclézienne par Georges Lemoine, par lui-même et par une directrice de mémoire du meilleur master 2 professionnel de littérature pour la jeunesse du monde manceau, la prestigieuse Christine Plu herself. Plus de rens. : voir le communiqué du CRILJ orléanais en cliquant sur JMGLC.rtf.
BF

26/05/2008

Une autre planète

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"Je ne suis plus d'ici / Et je ressens la pluie d'une autre planète !" chante l'amoureuse Véronique Sanson. C'est en effet d'une autre planète de la littérature pour la jeunesse qu'il s'agit aujourd'hui. Son éloignement nous permet de prendre conscience de l'improbable échelle américaine. Grâce aux mots d'Ouest, nous deviendrons modestes (bon, d'accord, mais il fallait la tenter...) en examinant la démesurée trente-septième Summer Conference : Writing and Illustrating for Children, organisée par la sympathique Society of Children's Book Writers & Illustrators, auto-surnommée "Scoobi".
Elle se tiendra du 1er au 4 août et alternera ateliers et conférences très prometteuses données par des écrivains, illustrateurs, agents et éditeurs, confirmés ou illustres, sur l'art de rédiger un synopsis pour la jeunesse, de produire une fiction historique / de la fantasy / de l'humour, d'"embrasser sans vomir l'ado qui roupille en soi", de présenter des romans graphiques, "d'écrire vrai" sans devenir complètement fou, d'être directeur artistique, de travailler un roman pour jeunes adultes, de réussir ses personnages, etc. Parmi les stars annoncées, citons Bruce Coville, Katherine Applegate, Leonard Marcus ; parmi les moments-phares, la possibilité pour les artistes en herbe (pas spécifiquement les jardiniers) de soumettre leurs projets aux décideurs présents sur place... moyennant force dollars sonnants et trébuchants. De fait, les frais d'inscription sont à la hauteur de cette folie : pour vous inscrire, comptez entre 500 et 800 $, et n'oubliez pas de vous habiller en rouge. Ils sont fous, ces Américains !
Rens. : http://www.scbwi.org/events.htm.
BF

25/05/2008

La JPL vue et revue

366891776.jpgAlors qu'approche l'été, l'ambiance "salade niçoise" s'empare de la revue de la Joie par les livres, qui met en vente un numéro aux allures de salad bowl. Au programme : des critiques sur différents genres de "l'édition jeunesse" (sic), y compris - et ce n'est pas le moins intéressant - le multimédia et la presse ; des articles sur le mouvement Freinet, le théâtre, le roman et l'illustration argentine ; et des réflexions de Bruno Munari, une étude de "Tikoulou, phénomène de société", une méditation sur la littérature à l'école, l'enseignement des classiques et l'album contemporain (sommaire complet à découvrir en cliquant sur : SOMMAIRE JPL.pdf). De quoi attendre avec gourmandise le prochain ouvrage de synthèse sur la littérature pour la jeunesse signé Marie-Hélène Routisseau, évidemment intervenante du meilleur master de littérature pour la jeunesse de la Sarthe au complet, que l'on annonce pour le dernier trimestre 2008 chez Belin...
BF

23/05/2008

Le congrès internEtional de l'été

514722336.jpgDu 9 au 11 juillet, l'Institut International Charles-Perrault et l'Institut National de la Recherche Pédagogique de Lyon organisent, sous la férule de Jean Perrot, un congrès sur "Langues, littératures et médias". Objectif : "Analyser les transformations apportées par le développement des nouveaux médias, et notamment d'Internet, dans la pratique des littératures et des langues, dans leur enseignement et leur diffusion." Parmi les interventions qui concernent ce blog, signalons le 9 juillet une prometteuse intervention de Bertrand Ferrier en personne sur "le roman pour jeunes lecteurs face aux nouveaux médias" suivie d'une non-moins intrigante intervention canadienne intitulée : "Connecting to Electronic Pedagogy: a Cultural Model for Teaching Great Books" par Marie-Anne Visoi. Adaptations et novélisations feront l'objet d'études disneyologiques le lendemain matin, avant que, le 11, la question de l'apprentissage par Internet et celle du théâtre pour la jeunesse soit triplement posée. Vous trouverez un programme indicatif ainsi que les modalités d'inscription en cliquant sur FIILM.rtf. Bon match congrès à tous !
BF

20/05/2008

Qui veut un gu(i)lli ?

380269334.jpgLa relation entre télévision et jeunesse est souvent présentée comme très problématique, alors que tout est fait pour augmenter la fructueuse dépendance des adultes à l'égard de cet écran. Les axes récurrents de réflexion tournent autour de la surconsommation enfantine, de l'obésité, du traumatisme que peut susciter la violence (syndrome Dorothée ?), etc. On se souvient qu'une chaîne a tantôt suscité la polémique en décidant de s'adresser aux petits (http://master2.hautetfort.com/archive/2007/11/02/l-abeti-...). Plus largement, le sujet est crucial : près de treize millions de Français auraient moins de dix-huit ans ; 2,3 millions auraient moins de 4 ans, et entre 5,3 millions auraient entre 4 et 10 ans. Gulli a organisé un colloque promotionnel pour justifier sa position, sur le thème : "Enfants, écrans, qui dévore qui ?" Des responsables de Lagardère y exposent le bien-fondé de leur action citoyenne, généreuse et éducative envers les petits nenfants ; des sociologues détaillent les écrans auxquels l'enfant est confronté (télévision, téléphone, ordinateur, baladeur MP3) ; des auditeurs chipotent sur les chiffres et interviennent pour raconter leur vie, etc. Françoise Hache-Bissette nous a signalé que le compte-rendu, souvent très intéressant, de ces "débats" où il y a, finalement, peu de débat, vient d'être publié. Vous pouvez désormais le consulter en cliquant sur GULLI.pdf.
BF

11/05/2008

Les ados sont-ils médiatiques ?

518735213.gifFrançoise Hache-Bissette nous signale que le CLEMI, Centre d'enseignement et de liaison des médias d'information (http://www.clemi.org/), vient de publier sa "lettre" de mai. Chargé de l'enseignement relatif aux médias dans l'ensemble du système éducatif, cet organisme qui fait partie du ministère de l'Education nationale propose dans Infodoc un agenda pédagogique, des pistes pour réaliser soi-même une revue ex-presse sur les médias pour les djeunses, et une rubrique à vrac. Avant de la lire, si vous voulez glousser un bon coup tout en méditant sur les nouvelles stratégies pédagogico-musicales depuis les déclinaisons de Jacques Brel, poussez le son et foncez sur le site conseillé par le 270691653.jpgCLEMI pour réviser son bac philo : http://www.philosong.fr/ (le clip du tube est disponible sur le site). Pour le reste, rendez-vous sur CLEMI.pdf.
BF
PS : et pour les amateurs de dessins animés, notre informatrice privilégiée signale en sus la rediffusion d'un tube poly-exploité de M. Ferrier (pas lui, l'autre, hélas), à retrouver dès demain sur Tiji (http://www.linternaute.com/television/programme-tv/progra...), et à compléter pour les profs avec MOTORDU.pdf.

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