17/03/2008
Plus jeune que moi tu nais
Minou Drouet, pour l'âge, et l'éragonien Christopher Paolini, pour la similitude contextuelle, n'ont qu'à bien se tenir ! Une étudiante du master 2 professionnel, cyberlectrice, amatrice de pluie bretonne et de Playmobil, se fait l'écho d'une stratégie marketing de petite maison "spécialisée dans les contes philosophiques pour les enfants, de la naissance au CM2"
. En publiant Charles-Antoine, son fiston, "neuf ans", inspiré par les pirates Playmobil, la maman auto-éditrice s'est offert le luxe d'obtenir la bagatelle d'un reportage sur TF1, valorisant l'extraordinaire imagination de son poupon, même si la démonstration face caméra est peu ébouriffante - l'émotion, sans doute. Mère, fils et instit se dévoilent sur http://www.annacros.com/ et surtout sur le palpitant, que dis-je, le vibrant http://videos.tf1.fr/infos/media/jt/0,,3774648,00-charles.... L'étudiante par qui arrive l'information nous a promis de lire ce texte guère prometteur et de nous en proposer une critique tantôt sur ce forum. Le suspense est, doux euphémisme, trépidant, tadaaa. L'on le formulera ainsi : aux âmes bien ou mal nées, la valeur attend-elle le nombre des années ?
BF
02:00 Publié dans Actualité de la LIJE | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : charles-antoine cros, playmobil



Commentaires
Bonjour, monsieur.
Lecture promise, lecture faite, suivie d’une hésitation : où donc poster mon com’ ? À la suite des candidatures pour le Gnagnagna d’or 2008, ou ici ? J’ai tranché : ici. Mais je compte sur votre sérieux pour ajouter à la liste des nominés « La Fleur de Lys à Noirmoutier » qui, comme son titre, son auteur, sa promotion sur TF1, et autres manifestations du « storytelling » que nous aimons tant (telle la soi-disant source d’inspiration de l’auteur : ses Playmobil !), le laissaient présager, mérite à plus d’un titre d’être couronné meilleur roman pour la jeunesse dans les catégories « Histoire » – avec un grand « h », comme celui de « H-ié », dans les SMS – ; « comment émouvoir ma gentille maîtresse de CM2 », auteur de l’une des deux brillantes préfaces [tout à fait, deux !] qui nous apprend que Charles-Antoine Cros est intelligent, la preuve : lire des pavés comme « Harry Potter » ne lui fait pas peur (normal, il a un an d’avance [il vit en 2009 ?], il est passionné, et lit « avec bonheur au moins 150 pages tous les jours », selon sa maman) ; « mon fils a du talent, moi aussi : unissons-nous » (d’ailleurs, saviez-vous que tout petit déjà, CA [initiales prémonitoires] voulait tout savoir ? Quel ange...) ; et « hymne à la tolérance » (l’éditrice – sa maman donc, celle qui a les faux yeux bleus sur la page d’accueil du site http://www.annacros.com/ – avertit le lecteur en fin d’ouvrage : Charles-Antoine est « contre la consommation d’alcool, la violence et la torture », et prône le respect de l’autre : « on ne joue pas à faire du mal aux gens », putain d’merde !). Néanmoins, entre préface émouvante et remerciements chaleureux à la gentille maîtresse [spéciale dédicace à Yves Duteil], il y a du texte. Et quel texte ! Je vous en livre quelques qualités en vrac, et dans le désordre : thèmes novateurs (ex. : la pauvre jolie jeune fille innocente victime des scélérats, le voleur qui n’en est pas vraiment un, puisqu’il redistribue aux pauvres) ; dialogues de ouf (ex. : « - Quel est ton rêve le plus cher ? / - J’aimerais marquer l’histoire. / - Comment ? / - Je veux qu’on se souvienne de la Fleur de Lys à jamais. / - Explique-toi mieux », pp. 61-62) ; triplement des « ! », parce qu’il faut bien guider le lecteur idiot (celui qui n’a pas sauté de classe) ; descriptions comme dans les rédactions des bons élèves, où les héros enfilent leurs par-dessus « prestement », en se demandant inquiet, ou en se disant, ou en s’interrogeant (ex. : « Il était une fois », pour débuter le récit... à la page 13 (!) ; « Soudain », pour commencer le deuxième chapitre, p. 21 ; « C’était un beau jour d’hiver ; pardonnez les habitudes de la piraterie » [what about ?], p. 14 ; « Il sortit en maugréant contre lui-même » [tu m’passes le dico des synonymes ?], p. 60 ; « Prrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr », produisent les canons [et une ligne de gagnée !], p. 7). Miam, miam ! Par chance, la naïveté de l’auteur nous a épargné les leçons de morale à deux écus (hélas pas le cours de piratologie !). Maintenant, on attend avec impatience que le livre soit adapté à l’écran – en version suédée ? – avec Johnny Depp dans le rôle principal. L’adorable maîtresse, à qui on fait plein de bisous, en rêve déjà ! La sincère maman-éditrice sûrement aussi. Sinon, vous pouvez acheter « Du plomb dans le crâne » d’Insa Sané, rangé juste derrière vous, sous l’écriteau « à partir de 11 ans » ! Va falloir passer à la vitesse supérieure mon p’tit Charly : imagine qu’à un moment, le pirate, il se prend la gonzesse... et il donne, il donne... (http://www.dailymotion.com/relevance/search/les%2Bbranleurs%2Binconnus/video/x3dlgy_les-inconnus-les-branleurs_fun)
Cordialement,
Rozenn Douerin.
Ecrit par : Rozenn Douerin | 19/04/2008
Mademoiselle,
Bien qu'on suppute que votre curiosité florale pour le "Lys de Noirmoutier" soit motivé par des raisons non-littéraires, telles que l'origine géographique du zozo en question et son goût ludique pour les Playmobil, on ne peut que s'incliner devant le courage que vous avez manifesté en vous attaquant à ce qui semble bien être une rédaction ni faite (enfin, si, hélas) ni à faire.
Vous y relevez avec pertinence l'importance du storytelling (plutôt qu'un bon livre, mieux vaut chroniquer dans les médias un produit qu'on peut décrire sans évoquer le contenu). Avec précision, vous soulignez les qualités d'un produit qui manifeste l'importance de la mythologie de l'écrivain et du gentil garçon. Le visionnage du trailer de TF1, toujours disponible, à confronter avec la mythologie pennacquienne, par ex., est, à ce titre, très instructif. Nous ne pouvons que nous inquiéter à l'idée que 1) la soeur de CAC était aussi bonne élève (préparerait-elle une histoire de princesse ?) ; 2) un CAC à équin est en préparation selon JPP. Mais bon, si chaque livre fait l'objet d'une version suédée façon Michel Gondry (mais sans le dénouement larmoyant), on pourra estimer que tout est bien qui finit bien, surtout quand ça finit vite !
Cordialement,
Bertrand Ferrier.
Ecrit par : Bertrand Ferrier | 20/04/2008
lol
mon commentaire est un (peu) nul... mais comme j'arrête pas de rire en repensant au film de Gondry, j'en ai oublié CAC
Ecrit par : MuLM | 07/11/2009
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