11/11/2007
C'est Stephenie la Meyer
Qui doutait encore que la littérature pour la jeunesse, comme toute notre culture, venait des anglophones ? Après Harry Potter, les libraires se sont trouvés un nouveau salut : Stephenie Meyer. Editée en France chez Hachette Jeunesse, dans une traduction perfectible de Luc Rigoureau, la série, inaugurée par Fascination, explose avec son troisième tome, Hésitation. Selon Métro, "aux Etats-Unis, Megan Tingley Books a fêté cet été le million d'exemplaires vendus pour le troisième tome. Les trois premiers volets de la série totalisent plus de trois millions d'exemplaires écoulés. En septembre dernier, les trois tomes de Stephenie Meyer talonnaient de près le livre en tête des ventes, Harry Potter and the Deathly Hallows, dans le classement des best-sellers de fiction. D'après (...) USA Today et Wall Street Journal, le troisième tome de la série a devancé Harry Potter 7 avec plus d'1 million d'ex. écoulés en 3 mois." (Cf. http://www.metrofrance.com/fr/article/relaxnews/2007/10/3...).
Sur le ton de la plaisanterie, Charlotte Ruffault avait tantôt lancé : "S'ils font 3 millions aux USA, on fera au moins 300 000 en France". Il semblerait qu'elle se fût complètement plantée : les ventes pourraient être bien plus importantes. Elles ont dernièrement explosé de telle manière que Hachette a dû négocier un retirage d'urgence. Problème : il manquait du papier... Selon nos sources, l'éditeur a d'abord tenté de négocier avec Fayard, qui, de son côté, devait affronter un succès spectaculaire, celui des Mémoires de Simone V(i)eil. Ce serait finalement Grasset, perdant des premiers prix littéraires, qui lui aurait cédé de quoi alimenter l'imprimeur puis les Fnac.
Au moment où, sans craindre le pléonasme performatif, nous postons ce post, Hésitation est en trente-deuxième position des meilleures ventes de livres d'Amazon. Même si l'éditeur reste prudent, il compte améliorer ce score grâce au bouche-à-oreille et... oui ! bravo ! au film (tournage : janv. 2008). Derrière la caméra, une spécialiste qui n'a rien à craindre. En effet, déjà confrontée aux pieux (le lit de Thirteen et la religieuse Nativité, cf. http://master2.hautetfort.com/archive/2007/10/08/interdit...), Catherine Hardwicke devrait survivre à pieux près aux vampires de Stephenie Meyer...
BF
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Commentaires
Bonjour, monsieur.
Je me permets de réagir sur le pieux, depuis ma chaise (et surtout pas l'inverse, n'étant pas admiratrice de Ionesco, ha ha ha !). Attention, ce commentaire contient un « spoiler »: si ne voulez pas savoir ce que Playmobil sortira l'an prochain alors que vous n'avez pas encore joué avec ce qui est sorti cette année, ne lisez pas ce qui va suivre. Waouuuuuuuh l'effet « teasing » de folie !
Mais avant d'en venir au fait, contextualisons: depuis 2000, la marque commercialise chaque année au moment de Noël une crèche et des Rois mages. Si le succès de ces deux boîtes n'est pas prouvé par des chiffres, en revanche, la très belle Arche de Noé, fabriquée depuis 2003, est devenue la référence incontournable de la marque chez tous les revendeurs, figurant même dans le peloton de tête des « best-sellers » de Noël en 2004 et 2005 (tout jouet confondu) ! De quoi réjouir « La Croix », qui déclarait dans son numéro du 7/12/05 : « Que Noé soit, encore en 2005, le grand rescapé de l’avalanche des jouets à la mode est plutôt rassurant. » En outre, la fameuse Arche rouge avait reçu, en 2004, le Goldene Schaukelpferd, fameuse récompense allemande décernée par le magasine « Familie & Co ». « Destinée inattendue » (cf. l’article du « Point » paru le 25 octobre dernier, n° 1832, p. 92-93), ou discrète percée de la marque dans « l'univers » de la religion par la création d’une « palette de jeux pour jeunes chrétiens » (pour reprendre l’expression de madame Antoinette de Rohan, propriétaire du château de Josselin dans le Morbihan, qui a présenté, du 1er juin au 31 octobre 2007, poupons en robe de baptême, autels miniatures, jeux de cube sur la vie de Jésus, et autres religieuses de chiffon, au musée de Poupées du château, dans le cadre d’une exposition sur les jouets religieux d’antan, cf. REP 25 du 12 juillet 2007) ? Toujours est-il qu'à la fin de l'année 2008, la marque commercialisera... une église ! Si, si... une église avec son prêtre et ses mariés (désolée, monsieur Ferrier, mais parti comme ça, c’est pas d’main la veille que vous verrez une prostituée Playmobil !). S’agit-il d’une opération audacieuse, quoique stimulée par les bons résultats de l’Arche de Noé ? ou plutôt d’une participation volontaire au renouveau religieux que tente d’instaurer l’Église (par le biais notamment de la très controversée réforme du catéchisme) ? Quoiqu’il en soit, on peut d’ores et déjà parier sur le succès de cette série, moins sur la polémique qu’elle pourrait susciter, surtout en Allemagne où le souci du politiquement correct est, semble-t-il, assez peu encombrant (sauf quand il s’agit de blasphème - CQFD -, cf. la polémique autour du concert de Madonna), comme en témoigne une déclaration récente de Ulla Nierhoff-Büscher, assistante du pasteur Bernd Siggelkow, fondateur de l’Arche (association allemande qui vient en aide aux enfants vivant dans la précarité), au sujet de la hausse de la pauvreté en Allemagne, précisant qu'il s'agit d'une « pauvreté allemande à 100%, pas d’enfants d’immigrés », ouf ! (« Ouest-France » du 2 novembre 2007, p. 2). On ne s’étonnera donc pas que les personnages de couleur (africains, asiatiques, etc.), sortis en octobre 2007, soient une « exclusivité » française, réclamée par la direction de Playmobil-France soucieuse, elle, de ne pas heurter la sensibilités des philanthropes. Quelle sera donc son attitude lorsqu’il s’agira de commercialiser l’église, début 2009 ? Et surtout, les auteurs pour la jeunesse surferont-ils sur la vague du « christian revival » (un peu comme des rockeurs, finalement, cf. REP 29 du 5 novembre 2007) ? Moi je verrais bien une heptalogie façon Harry Potter, mais qui se passerait dans un séminaire, avec des apprentis-prêtres qui devaient vaincre chaque année le terrible Judamort (qui abuserait de la résurrection, et ça c'est intolérable !), avec l'aide d'un grand barbu. Hein ?
Cordialement,
Rozenn Douerin.
Ecrit par : Rozenn Douerin | 11/11/2007
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