03/10/2007
La Roze est du (dimanche) matin
Effet Gérard Jugnot ? Sans doute, mais pas seulement, puisque le principe a été lancé il y a douze ans de cela ! Alors que les manécanteries se multiplient, Jeannine Roze Productions développe son concept d'"atelier chant" du dimanche matin, offert aux enfants accompagnant leurs parents. Plutôt qu'une garderie, la productrice se propose d'"initier les enfants à la musique, par des activités adaptées à leur âge, à leur curiosité et à leur énergie débordante". Cette année, elle a donc décidé d'aller plus loin, en créant une garderie intelligente et spécialisée via deux ateliers vocaux, 6-8 ans et 9-12 ans, qui visent à "faire swinguer Brel et Mozart" sous la direction de Scott Alan Prouty (photo). Quand on voit le programme proposé au Châtelet les dimanches matins (Prod Roze 2007-2008.pdf et http://www.chatelet-theatre.com/spectacles.php?genre=Conc...), il y a presque de quoi rater la grand messe... à condition de l'anticiper le samedi soir ou de la rattraper le dimanche soir, bien entendu.
BF
09:16 Publié dans Coups de coeur | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note



Commentaires
Belle initiative.
Ecrit par : Esther | 03/10/2007
Madame,
Je me réjouis que cette brève vous intéresse, car si elle peut paraître éloigné de la littérature pour la jeunesse, il me semble qu'elle est intéressante à triple titre pour la sociologie de la jeunesse.
Premièrement, bien sûr, le fait que donner aux enfants l'occasion de pratiquer intelligemment de la musique est toujours, en soi, une bonne chose. On le redécouvre. Joie. Mais voici les deux autres points qui me semblent mériter qu'on s'y arrête.
Deuxièmement, en effet, cette initiative prolonge un mouvement de fond, qui voit se développer chorales, manécanteries et maîtrises : celle de Radio-France (http://www.radiofrance.fr/chaines/orchestres/maitrise/accueil/), récemment endeuillée par la mort de Toni Ramon, s'est ainsi développée cette année à Bondy (http://www.annuaire-enfants-kibodio.com/actualites/maitrise-radio-france-20070827.html). Loin de vanter l'intérêt de la musique, ses promoteurs ont préféré insisté sur l'aspect "citoyen" de leur démarche, comme si aller en banlieue parisienne était un acte d'un courage phénoménal, désintéressé (vu le foncier à Paris, par ex.) et essentiel (la géographie de la pédagogie prime-t-elle sur la pédagogie ?). En excluant la visée artistique (ou pratique !) de ce développement au profit d'une présentation politique, la communication de Radio-France trahit un évident malaise devant l'art qu'elle est censée promouvoir. De quoi faire, me semble-t-il, réfléchir.
Enfin, troisièmement, l'approfondissement de l'initiative de Jeannine Roze Production participe d'un féroce mouvement d'exclusion des jeunes : on pourrait estimer que les enfants sont "de taille" à assister à un concert, surtout à un concert du dimanche matin limité à un programme d'une heure et souvent très "accessible". Non, on se propose de les mettre dehors - alors qu'ils peuvent pratiquer l'art choral à un autre moment, si envie et besoin étaient... Cet ostracisme mérite réflexion. A-t-on peur qu'ils ne soient pas assez bien élevés ? ou n'a-t-on plus assez confiance dans la beauté de la musique ? ou ne souhaite-t-on plus habituer les enfants, dès leur jeune âge, et pour un prix très acceptable, à écouter de la musique dite "savante" ?
Mystères et source de méditation !
Cordialement,
Bertrand Ferrier.
Ecrit par : Bertrand Ferrier | 03/10/2007
Les commentaires sont fermés.