29/09/2007

Le devoir de mémorial

Du 30 septembre au 19 décembre, "le Mémorial de la Shoah propose une programmation pour tout public autour de la littérature jeunesse (sic) liée à l’histoire de la Shoah." En effet, "dans le souci constant de transmettre, cette littérature tisse les liens entre les générations." J'ai dit "gnagnagna" ? Non, je n'oserais pas !
On regrettera toutefois que, sur un sujet aussi richement traité, le panel d'auteurs mis en avant soit aussi restreint (certains auteurs sont invités trois fois : n'est-ce pas dommage ?), consensuel (Jean Molla, Rolande Causse, Yaël Hassan, Rachel Hausfater-Douïeb, Didier Daeninckx... j'ai encore dit gnagnagna ? ça m'étonne !) et exclusivement francophone.
Au programme :
- le 30 septembre, 15 h, rencontre avec Rachel Hausfater-Douïeb ;
- le 14 octobre, 15 h, "Histoires d'enfants cachés" avec Elisabeth Brami et Rolande Causse notamment ;
- le 25 novembre, 15 h, "Raconter les génocides" avec Jean Molla et Elisabeth Combres ;
- le 27 novembre, 19 h, table ronde sur "La Shoah dans la littérature pour la jeunesse" réservée aux politiquement corrects avec Yaël Hassan, Rachel Hausfater-Douïeb, Didier Daeninckx, Jean-Jacques Greif et Susie Morgenstern (il faut s'inscrire) ;
- 2 décembre, 15 h, "Entre textes, images et mémoire" avec Anne Herbauts notamment ;
- 16 et 19 décembre, 15 h, rencontres avec Yaël Hassan (il faut s'inscrire pour le 19 décembre).
Programme détaillé en cliquant sur Shoah et lije.pdf. Rens. :
http://www.memorialdelashoah.org/b_content/getContentFrom....
BF

Commentaires

Bonjour,
L'heure est venue de vous rapporter quelques souvenirs – pour mémoire – de l'après-midi du 14 octobre dernier.
Les histoires d'enfants cachés n'ont pas mobilisé "les" foules, puisque j'étais l'une des seules auditrices au passé "sans histoire" ! Beaucoup d'anciens, donc, tous enfants de déportés ; trois enfants, qui ont visiblement trouvé le temps long ; et moi. La littérature pour la jeunesse tisse le lien entre les générations, certes, les rencontres autour de la littérature pour la jeunesse, beaucoup moins. En cela, c'est un brin septique que je me suis rendue au Mémorial de la Shoah qui, au passage, vaut le détour, si j'ose dire, pour la richesse des documents dont il dispose.

La rencontre en quelques mots: pas de long discours, pas de questionnement "façon colloque", donc pas de surprise... je ne dirais pas "sans intérêt", mais pas loin. La présentation, par Élisabeth Brami, de son album "Sauve-toi Élie" (Le Seuil Jeunesse) était assez intéressante dans la mesure où elle a pris soin de mettre en avant sa curieuse collaboration avec l’illustrateur, dans le cadre d'une œuvre originale qui a consisté, cette fois, à faire "parler" des images « innocentes » (alors que, comme chacun sait, les images viennent le plus souvent illustrer le texte !). Il se serait donc agit d’un travail d’improvisation si la Shoah n'était pas un sujet récurrent. Là, les conditions étaient trop favorables, notamment les origines et l'enfance de l'auteur, née à Varsovie en 1946. Toutefois, c’est en partant de quelques dizaines de photos d'œuvres de Bernard Jeunet (sculpteur sur papier) tels une clé, un manteau, une vache, une fermière, un bonnet d’âne, une souris, une épingle, etc. qui s’apparentent à quelques souvenirs d’une enfance « traditionnelle », que l’auteur a eu l’idée du récit d’Élie. Le résultat est troublant : nul ne peut deviner (même si le prénom du titre est un indice) qu’il s’agit de l’histoire d’un enfant de déportés, tant les images sont décalées (on n’y voit pas d’uniforme allemand, pas d’étoile jaune, mais une église, un lapin, etc.). L’idée d’Élisabeth Brami : les objets, les animaux, furent aussi des témoins de l’horreur. « Why not » ? Néanmoins, pour plus de cohérence, Bernard Jeunet a cru bon de rajouter quelques terrifiants files barbelés, c’est bien dommage !

Rolande Causse a également présenté son dernier ouvrage, « La guerre de Robert » (Albin Michel Jeunesse) qui est une pièce de théâtre à deux voix (Robert enfant et Robert adulte) sans grand intérêt, car très courte, banale, et non exploitée – le concept était pourtant bon. Un détail, toutefois, est à souligner : avant publication, l’éditeur a supprimé une des illustrations de George Lemoine jugée trop « dangereuse » – elle représentait une scène de collaboration entre un SS et un fonctionnaire français. Moralité : méfiez-vous de la censure, elle n’obéit à aucune règle !

Cordialement,
Rozenn Douerin

Ecrit par : Rozenn Douerin | 31/10/2007

Merci, mademoiselle, pour ce reportage. Nous attendons avec curiosité de prochains compte-rendus sur la rencontre du 25 novembre, par exemple, avec, notamment, l'inénarrablement consensuel (mais guère sensuel) auteur pour l'Education nationale capable de mêler Shoah et anorexie dans un gloubi-boulga guère convaincant...

Ecrit par : Bertrand Ferrier | 01/11/2007

Bonsoir, monsieur.
C'est avec plaisir que je me serais rendue au Mémorial, le 25 novembre, si seulement l'invité n'avait pas été Jean Molla !
Quoique je lui poserais volontiers une question d'ordre éditorial: de l'anorexie ou de la Shoah, quel thème a le plus servi l'autre ? Autrement dit, peut-on considérer que l'anorexie a pris du galon, ou plutôt que la Shoah s'est vulgarisée ? Ha ha... pas facile ! En attendant, chapeau l'artiste, mêler les deux était une idée (marketing) de génie... dommage qu'on n'y croit pas. Fi ! Le but n'était pas d'enseigner l'Histoire, mais de prouver que l'on peut "s'anorexier" de tout (je m'anorexie, tu t'anorexies... tout à fait, demandez à Nicola Sirkis !)

Cordialement,
Rozenn Douerin

Ecrit par : Rozenn Douerin | 01/11/2007

Mademoiselle,
Pour le plaisir de la controverse, j'aurais volontiers défendu un confrère, fût-il consensuel et considéré. Mais je ne pousserais pas le jeu intellectuel jusque-là. Quoi que... Il n'est pas toujours inintéressant d'entendre s'exprimer des gens dont le travail ne correspond pas à son idéal de production. Force est toutefois de reconnaître que, pour certains de ces "gens", cela reste difficile à envisager. D'autres auditeurs, peut-être, moins intolérants, plus curieux ou simplement gourmands de culture, nous présenteront un compte-rendu conséquent voire complet de cette rencontre.
Conrdialement,
Bertrand Ferrier.

Ecrit par : Bertrand Ferrier | 01/11/2007

Attendons le retour des gourmandes, des friandes de culture anorexique, de celles qui se goinfrent de troubles alimentaires en tout genre, des boulimiques de la boulimie.
Moi je me suis gavée des premières pages de "Sobibor", puis je l'ai laissé, j'avais plus faim du tout, rassasiée...
Vite, vite, vite, un compte-vomi ! (pas mal, hein ?)
Cordialement,
Rozenn Douerin.

P.S.: j'ai le présentement qu'on se rapproche d'un autre sujet entamé sur ce blog... non, pas Emmanuelle Béart !

Ecrit par : Rozenn Douerin | 01/11/2007

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