09/05/2007

Honte, scandale et mocheté dans la littérature pour ados

Bonsoir à tous.
C'est avec la plus grande tristesse que nous devons vous faire part ce neuf mai de la reparution d'un ouvrage pour la jeunesse (voyez sa couverture en cliquant ici : Gling_couv.jpg) qu'on aurait aimé voir éradiqué à tout jamais : Gling ! est son titre. Une onomatopée pour  titre ! Ah, on est loin de l'époque glorieuse des Autant en emporte le vent dans la lande brumeuse où souffle le sirocco et autres Si tu arrives au bout du titre, c'est que tu as une chance d'arriver au bout du livre qui, d'emblée, plaçaient le lecteur devant ses responsabilités...
A l'heure où le grand patronat a pris possession de la France, du moins aurait-on pu espérer que nos rejetons mignons seraient à l'abri des êtres immoraux, cupides et éhontés qui ne songent qu'à l'argent. Mais non. Arnaud Lagardère a dû forcément intervenir en personne pour exiger la rediffusion du livre le plus commercial qui ait jamais été. Pour tout dire, Stéphane di Pasquale, critique d'ouvrages pour la jeunesse sur RTL, avait qualifié ce roman de "coup au coeur et même de souffle au coeur", y voyant le texte le plus novateur de ces dernières années. C'est dire si l'on part de loin.
Calfeutré derrière son poste de "maître de conférences associé" dont on ne sait trop ce qu'il représente, l'un de ses co-auteurs s'est rendu coupable de mille immoralités dont il tirerait gloire si on en établissait ici une manière d'anthologie. Quant à son complice, le mot est trop faible, car ils se sont mis à deux pour commettre cet ignoble roman, il a, en son temps, travaillé dans un magazine exclusivement consacré aux jeux vidéos. Nous n'en dirons pas plus, ce serait inutile.
Que de tels hurluberlus aient licence d'écrire pour la jeunesse révulse. Le produit qu'ils ont osé signer est à la hauteur de leur bassesse : non contents de souiller la belle race des orniytho des ornhith non contents de souiller la belle race des mammifères palmés dont Woody Allen aurait pu dire qu'ils prouvent que Dieu a de l'humour (s'Il existe, bien sûr) en leur attribuant un cri zoologiquement invraisemblable ("oukouk"), ces zoulous entraînent leurs jeunes lecteurs dans un roman commercialement correct qui ne parle que de supermarché pendant plusieurs centaines de pages. Où est l'élévation d'âme ? Où est la grandeur ? Où est la fonction naturelle du livre pour la jeunesse ?
On nous dit que le but est de faire rire. Fi, monsieur ! Fi ! Eussions-nous aimé rire, nous n'y aurions pas seulement songé. Au contraire, il appartient à l'université d'attirer l'attention de ses étudiants en littérature pour la jeunesse sur le danger de ce Livre de Poche. Disons-le avec force : la grande distribution ne passera pas. Plus que jamais, à l'heure des caisses automatiques et des jets privés, restons mobilisés et protégeons nos fils et nos compagnes de la production nauséabonde. Martine, oui ! Gling !, non !
Vive la littérature, vive la jeunesse.

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